
Glossolalia - Une expérience
par David Duplessis
UN TEMOIGNAGE
PHYSICIEN de profession, je fais des recherches pour une importante Société de produits chimiques. Je suis également le pasteur d'une église épiscopale ». C'est en ces termes que débute le témoignage du pasteur William O. Swan, tel qu'il a été publié par la revue « Trinité » de Pâques 1962. « Nous étions venus à l'Eglise pour prier. Quand j'en sortis, j'avais entendu mes lèvres formuler une langue nouvelle, et je savais qu'elles pourraient recommencer chaque fois que je le voudrais. Je résolus de faire du « parler en langues » l'objet d'une étude introspective. D'où cette expérience venait-elle réellement ? Quelle en était la véritable origine au point de vue théologique, psychologique et du simple bon sens ?
Quelle dose d'imagination fallait-il avoir pour dire ce que j'avais entendu dire sur le sujet ? Pour répondre à ces questions, je parlais en langues à diverses reprises dans la journée. Je cherchais à retrouver des clichés, des expressions répétées, des indices permettant l'analyse. Mais l'expérience se montrait plutôt difficile. En moins de quarante-cinq secondes, le sentiment de me trouver dans la présence de Dieu m'enveloppait, et si je persistais deux ou trois minutes, j'en étais submergé d'émotion.
Depuis lors, quand je parle en langues, un sentiment très simple d'amour divin inonde mon être, et l'imprègne tout entier, comme un persistant parfum... en trois jours à peine, l'étude expérimentale était terminée. Toutefois, la plupart des questions posées restèrent sans réponse. J'avais découvert par moi-même et avec une absolue certitude, ce que tout le monde semble admettre : parler en langues, c'est prier!
PARLER EN LANGUES : C'EST PRIER
« Celui qui parle en langues (inconnues) ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, dans l'Esprit (Saint) il exprime des vérités secrètes et des choses cachées (inconcevable à l'intelligence) — (1 Cor. 14.2 : N.T. amplifié). « Donc aussi, l'Esprit (Saint) nous vient en aide et nous soutient dans notre faiblesse, car nous ne savons pas quelle prière présenter, ni comment nous devrions le faire, mais l'Esprit lui-même vient à notre secours et nous soutient dans nos faiblesses (vient combler les lacunes de nôtre supplication) et plaide pour nous par des aspirations inexprimables et des gémissements trop profonds pour être prononcés. (Note de l'auteur : je suis persuadé que c'est une autre façon de décrire le parler en langues). Et celui qui sonde le cœur des hommes connaît la pensée de l'Esprit (Saint)... parce que l'Esprit intercède et plaide devant Dieu en faveur des croyants, selon la volonté de Dieu et en harmonie avec elle. (Romains 8.26, N.T. amplifié). L'auteur de cette étude était en prière avec le pasteur O. Swan, lorsque ce dernier reçut le baptême dans le Saint-Esprit, dans la cathédrale de St-Paul, à Détroit (Michigan).
L'apôtre Paul parlait en langues plus que tous ses contemporains (1 Cor. 1.18), toutefois, il ne mentionne jamais de cas où, soit l'Eglise, soit quiconque, ait reçu un message en langues avec ou sans interprétation. En effet, il écrit : « Si je prie en langues, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile » (1 Cor. 14.14). Puis il ajoute : « Je prierai par l'Esprit, et je prierai aussi par l'intelligence » (1 Cor. 14.15). Au verset 16, il ajoute : « Car si tu bénis par l'Esprit (en langues), comment celui qui n'en n'est pas instruit dira-t-il Amen, à ton action de grâces (ta prière), puisqu'il ne sait pas ce que tu dis (en langues) ? Il me semble tout à fait clair que Paul considérait tout « parler en langues » comme une prière adressée à Dieu, et non pas un « message » aux hommes. La prière, ce peut être l'intercession, la louange, la louange, l'adoration. Une déclaration de notre amour, de notre admiration, de notre reconnaissance, de notre piété pour Dieu. En ceci, nous sommes trop souvent faibles, mais l'Esprit vient au secours de nos infirmités.
INTERPRETATION DES LANGUES
Si donc alors, « parler en langues », c'est parler à Dieu, c'est toujours prier, l'interprétation en sera toujours une prière d'intercession ou de louange — l'homme parlant à Dieu et non Dieu parlant aux hommes. Même le jour de la Pentecôte, lorsque les incroyants entendirent parler dans leur langue maternelle ceux qui parlaient en langues pour la première fois, ils n'entendirent pas de prédication, ni de message s'adressant à eux, mais ils les entendaient « parler dans leurs langues, des merveilles de Dieu ». De même dans la maison de Corneille : « Ils les entendaient parler en langues (inconnues), célébrant et magnifiant Dieu » (Actes 10.46). Paul dit : « Je désire que vous parliez tous en langues, mais plutôt que vous prophétisiez,' car celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n'interprète, afin que l'Eglise en reçoive de l'édification » (1 Cor. 14.5). Ainsi, les langues suivies de l'interprétation édifient l'Eglise, et de même « celui qui prophétise édifie l'Eglise » (1 Cor. 14-4). La prophétie édifie l'Eglise, et les langues interprétées édifient l'Eglise. En vérité, les deux sont édifiantes, mais cela ne veut pas dire pour autant que le parler en langues interprété soit de la prophétie.
L'interprétation doit donc être une prière, si le parler en langues est bien « parler à Dieu ». La prophétie c'est parler aux hommes pour leur édification, leur encouragement et leur consolation. (1 Cor. 14.3 — N.T. amplifié). Trop souvent, nous entendons parler d'un « mes-sage en langues ». Il n'existe aucun terme semblable, ni aucune allusion de ce genre, dans le Nouveau Testament. Ce devrait plutôt être une « prière en langues » ou des « paroles en langues ». Celui qui parle en langues s'édifie lui-même » (v. 4). Evidemment, puisque le fait de parler à Dieu dans la prière, quel qu'en soit le lieu, le moment, la manière ou la langue, édifie toujours celui qui prie, le console ou l'encourage. Plus on est soi-même édifié, plus on est employé par l'Esprit pour édifier les autres dans l'Eglise.
Etant donné que « parler en langues » c'est prier, cela ne veut pas dire que l'inspiration qui suit un « parler en langues » soit forcément une « interprétation ». Cela pourrait fort bien être une réponse à la prière qui vient d'être formulée par l'Esprit, car la prière véritable est un dialogue entre le Père et ses enfants, et notre Père parle à ses enfants par prophétie.
QUELQUES QUESTIONS SUR L'INTERPRETATION
J'ai prié avec des multitudes de personnes. Elles venaient chercher le baptême dans le Saint-Esprit auprès du puissant baptiseur, le Seigneur Jésus-Christ. C'est Lui qui a dit : « Ceux qui auront cru... parleront de nouvelles langues » (Marc 16.17). Au bout de mes quarante années d'expériences, je n'ai jamais manqué d'être profondément ému et réjoui, lorsque priant avec ceux qui s'approchent du Christ, le baptiseur Jean 1.33-34) je les entendais parler en « nouvelles langues » — « en autres langues » — « langues inconnues » ou « diverses sortes de langues », selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Oui, vraiment, ils parlent, mais c'est l'Esprit qui leur donne la parole. Il forme les mots sur leurs lèvres, tandis qu'ils parlent par la foi en Lui, pour glorifier Dieu.
Quelqu'un alors demande : «Tandis que je parle en langues, j'ai l'impression de comprendre étrangement ce que je dis à Dieu en langues. Est-ce cela l'interprétation ? » Oui, le Saint-Esprit anime votre intelligence pour que vous sachiez ce qu'il dit à Dieu par votre bouche et dans une langue inconnue. Une autre personne interroge : « Lorsque je parle en langues, mon cerveau reçoit de nouvelles révélations, et parfois des réponses à mes perplexités. Est-ce cela l'interprétation ? » Non, cela n'est pas l'interprétation. C'est la réponse inspirée à votre prière. C'est le dialogue entre vous et votre Père. Vous vous adressez à Dieu en langues, et II s'adresse à vous en votre intelligence. Aucune révélation personnelle venue dans votre pensée n'est une interprétation, car « parler en langues », c'est parler à Dieu. Le Père ne vous parle pas en langues, c'est vous qui lui parlez ainsi, par l'Esprit.
Voici encore une autre question : « Tandis que je parle en langues, je reçois un message pour l'Eglise (ou pour une personne). Etait-ce de l'interprétation ? » Non, ce n'est pas une interprétation du « parler en langues ». C'est une prophétie. Il faut apprendre à énoncer de telles révélations avec beaucoup de calme, de confiance et de respect. C'est peut-être la réponse à la prière que vous avez exprimée par l'Esprit, pour quelqu'un d'autre ou pour l'Eglise. Ne vous laissez pas aller à l'excitation ni à de grands éclats de voix. Ces derniers temps, plusieurs m'ont demandé : « Comment puis-je reconnaître l'interprétation de la prophétie » ? Je leur réponds : l'interprétation est toujours adressée à Dieu, et aboutit à Dieu. La prophétie s'adresse au peuple pour son édification, son exhortation, sa consolation.
QUELQUES INCOMPREHENSIONS FREQUENTES
Récemment, un pasteur me dit : « Je suis vrai-ment perplexe devant le problème de « l'interprétation des langues » dans mon Eglise. Par exemple, quelqu'un parle en langues et l'on dirait une prière répétée deux fois ou trois fois. Un autre interprète, mais il n'y a aucune répétition dans son interprétation. Parfois, l'inter-prétation est plus longue que le parler en langues. Certains de ceux qui écoutent attentivement sont perplexes sur la véracité de cette interprétation ». Je crois qu'ils ont raison. Pourquoi ce qui suit un « parler en langues », doit-il obligatoirement être une « interprétation » ? Supposons entendre quelqu'un dire dans notre langue maternelle : « Seigneur, bénis ton peuple, car il a besoin d'être édifié. Aujourd'hui, Seigneur, ton peuple a besoin d'être exhorté. Mon sauveur, veuille donner à ton peuple la parole de consolation ». Seriez-vous étonnés que cette prière soit suivie d'une longue prophétie d'édification et de consolation ? Certainement pas ! Alors, pourquoi ne pas admettre que « parler en langues » c'est prier et que ce qui suit peut souvent être la réponse, et non l'interprétation, de cette prière !
Mon ami demande encore : « Comment se fait-il qu'une personne qui commence à prononcer quelques phrases en langues, se mette à en donner l'interprétation sous forme d'une longue exhortation ou d'un long message. Qu'est-ce à dire ? « Je crois que c'est une prière en langue suivie de la prophétie. La prière peut conduire à des expériences et à les exaucements remarquables. Peu importe qui parle en langues, brièvement ou longuement. Je l'accepte toujours comme une prière. Si, celui qui parle en langues, ou quelqu'un d'autre pour-suit par des paroles telles que : « Oh Seigneur notre Dieu, que tu es grand ! » et qu'il continue a s'adresser ainsi à Dieu, je sais qu'il s'agit-là d'une interprétation pure du « parler en langues ».
POUVONS-NOUS PARLER EN LANGUES EN TOUS TEMPS
Sans doute, nous pouvons prier n'importe où et n'importe quand. Alors pourquoi ne prierons-nous pas en langues à n'importe quel moment ? Le Saint-Esprit est venu faire sa demeure en nous et il habite en nous chaque jour, chaque heure, et toute l'année durant. Paul écrit à Timothée : « Je t'exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l'imposition de mes mains » (2 Timothée 1.6). Je suis convaincu que Paul a prié pour Timothée lorsque celui-ci reçut le baptême dans le Saint-Esprit, tout comme il avait prié pour le groupe d'Ephésiens, selon Actes 19.6.
Paul rappelle encore Timothée : « Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, d'amour et de sagesse » (2 Timothée 1.6). Combien nous sont nécessaires cette puissance, cet amour et cette saine intelligence. Ranimez le Saint-Esprit en vous, et priez dans son amour, dans sa sainte intelligence, en tout temps et en tous lieux. Je ne pense pas qu'on n'ait jamais sondé la pro-fondeur ni la grâce qui découle de la prière faite par l'Esprit ; rien de surprenant que Paul remercie Dieu de ce qu'il parle en langues plus que tous les Corinthiens ! Voyez de quelle grâce, de quelle sagesse, de quelle puissance, Paul était revêtu, et quel fut son ministère sur cette terre! Il jugeait raisonnable de ne prononcer, dans l'Eglise, que cinq paroles avec son intelligence, après avoir prononcé dix mille paroles en langues, en son privé.
Alors, la question se pose : « Pourquoi pouvons-nous parler en langues à n'importe quel moment, et ne pouvons-nous pas interprêter ni prophétiser à n'importe quel moment ?» A cela je réponds : « Parce que parler en langues, c'est parler à Dieu, c'est s'édifier soi-même. Interpréter et prophétiser, c'est parler aux hommes. Il faut donc, dans ce cas, qu'il y ait des personnes présentes pour entendre, et pour ainsi en recevoir de l'édification. Celui qui — parie en langues — a toujours besoin d'édification et il peut la recevoir n'importe où et n'importe quand, en priant en langues. Néanmoins, il faut que le parler ou la prière en langues soit toujours empreinte d'un sentiment profond de respect, car nous parlons ainsi à notre Père Céleste ».
LE PARLER EN LANGUES EST-IL UN DON ?
La capacité de parler en langues n'est pas un don. C'est une « manifestation de l'Esprit » (1 Corinthiens 12.7). Nouvelles langues (Marc 16.17), autres langues (Actes 2.4), langues (Actes 10.46 et 19.6), diversités des langues (1 Corinthiens 12.10 et 28), langues inconnues (1 Corinthiens 14.2 — 4 à 6, 13 — 14, 18, 22, 26 — 27 et 39), ne sont TOUTES que les simples manifestations de l'Esprit. Elles sont parlées par les croyants (Marc 16.17) avec l'Esprit (1 Cor. 14-15) ce qui implique la « soumission à » ou mieux encore la « coopération avec » le Saint-Esprit. Le terme « don des langues » a été fabriqué par ceux qui ne possédaient pas l'expérience de ces langues. Tous les dons de l'Esprit (1 Cor. 12.4) sont purement et simplement des manifestations de l'Esprit et ne sont en aucun sens des « facultés » que n'importe qui pourrait posséder, comme une « habilité d'utiliser le don ». Par exemple : pour rédiger cette étude, je me sers d'une machine à écrire. Cette machine peut frapper des lettres, former des mots et des phrases ; mais à condition que quelqu'un s'en serve. Par elle-même, elle ne peut absolument rien faire... Quant à moi, je peux m'en servir pour écrire ce que je veux et quand je le veux. Le Saint-Esprit nous fait faire ce qu'il veut, à condition que nous soyons aussi dociles que la machine à écrire. Jésus lui-même n'a jamais revendiqué un don quelconque comme une capacité qu'il possédât en propre. Il dit : « Je vous le dis en vérité, le Fils... ne peut rien faire clc lui-même — ni de sa propre volonté, mais il ne peut faire que ce qu'il voit faire au Père » (Jean 5.19 — N.T. amplifié). Il instruit ses disciples en leur disant que, lorsqu'ils se trouveraient devant un concile ou une cour de justice, ils répondraient : « ce qui leur sera donné à l'heure même, car ce n'est pas vous qui parlerez, mais le Saint-Esprit » (Marc 13.11). C'est selon ce principe que le Saint-Esprit manifeste ses dons par l'intermédiaire des croyants. J'ai personnellement appris à ne revendiquer la possession d'aucun don quelconque de l'Esprit, mais ce que je sais vraiment, c'est que je pos-sède le Don de Dieu. Ce don me possède tout entier, car c'est l'Esprit de puissance, d'amour et de sagesse. Il se manifestera par mon moyen ou par le moyen de quelqu'un d'autre, comme bon lui semble (1 Cor. 12.11). Comme l'apôtre Paul, j'ai reconnu que le Saint-Esprit, qui ne cherche qu'à bâtir l'Eglise, veillera en tout premier lieu à « édifier » celui qu'il emploie pour l'édification de l'Eglise. J'ai appris à parler en langues en tout temps et en tout lieu, afin de recevoir l'assurance, la puissance et la sagesse, et tout ce dont j'ai besoin pour mon édification personnelle. Ce faisant, La capacité de « parler en langues » n'est pas un don que j'ai reçu mais c'est bien plutôt le résultat béni de cette prière en langues qui est, pour mon bien personnel, un don de l'Esprit. Je considère que toute manifestation de l'Esprit, transmise par mon moyen, telle que : parole de sagesse, parole de connaissance, prophétie, guérison et autres, sont des dons que l'Esprit accorde aux auditeurs — non pas à moi... mais par moi et par bien d'autres.
QUAND LES LANGUES SONT-ELLES UN SIGNE
Jésus a dit : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru... ils parleront en nouvelles langues » (Marc 16.17). Paul a écrit : « Par conséquent, les langues sont un signe non pour les croyants, mais pour les incroyants ». (1 Cor. 14.22). Le jour de la Pentecôte, les croyants « furent remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer» (Actes 2.4). Les curieux, rassemblés de toutes les nations qui sont sous le ciel, furent ce jour-là « confondus parce que chacun les entendait parler, en sa propre langue, des merveilles de Dieu» (Actes 2.6 à 11). Sûrement c'était la un signe pour ceux qui ne croyaient pas, un signe que « Dieu était réellement en ceux qui parlaient » (1 Cor. 14.25). Au cours de ces quarante dernières années, j'ai connu de nombreux cas où des personnes incroyantes et des critiques acharnés avaient entendu à leur plus grande confusion, quelqu'un « parler en langues » dans leur propre langue maternelle, alors que, pour celui qui parlait, c'était une langue « inconnue ». Dans de tels cas, c'est une langue inconnue pour les autres, mais pour celui qui la comprend, c'est comme une prophétie. C'est là je crois que nous faisons la confusion au sujet de ce que Paul déclare dans 1 Cor. 14. 22 à 25. Dans ce passage, il apparaît qu'il soit question des langues, comme étant comprises de l'incroyant et demeurant inconnues à celui qui parle. C'est seulement lorsqu'on a rencontré des cas semblables que l'on peut réellement comprendre la signification de cette parole : « les langues sont un signe ». Il est vraiment dommage que plusieurs considèrent « les langues » comme la condition nécessaire et suffisante au signe du baptême dans le Saint-Esprit. C'est pitié d'en voir « satisfaits », pour avoir tout juste bredouillé quelques paroles en langues. Dans les mouvements de Pentecôte, on aime beaucoup cette expression : les langues sont l'évidence initiale d'un baptême dans le Saint-Esprit. Cette expression ne se trouve pas dans les Ecritures. Cependant, c'est une pure vérité, et bien conforme à ce qui nous est relaté clans le Livre des Actes, au jour de la Pentecôte, comme dans la suite. En effet, nul autre signe n'aurait pu apporter une plus grande certitude. Ils avaient déjà : chassé les démons, guéri les malades, accompli des miracles, énoncé des paroles de sagesse et de connaissance. Ils avaient même prophétisé, avant le jour de la Pentecôte. Toutes ces manifestations du Saint-Esprit se retrouvaient dans l'Ancien Testament... sauf celles du « parler en langues ».
Dans le cas de la Samarie (Actes 8.8 à 17), il n'est pas fait mention des langues. Mais comment savaient-ils alors que les nouveaux convertis n'avaient pas reçu le Saint-Esprit (v. 16), et comment surent-ils qu'il l'avaient reçu après l'imposition des mains qui leur fut faite ? (v. 17). Comment Simon a-t-il pu s'apercevoir que quelque chose de miraculeux leur était arrivé ? (v. 18).
Comment ont-ils su qu'ils avaient reçu l'Esprit dans la maison de Corneille ? (Actes 10.44 à 46). Ils n'ont pas pris le temps de savoir s'ils pouvaient guérir les malades, ou accomplir des miracles ou si leur prophéties étaient vraiment prophéties. Ils le surent tout aussitôt, « car ils les entendaient parler en langues et magnifier Dieu » (v. 46). Par une manifestation identique,
Paul connut que les hommes d'Ephèse avaient reçu l'Esprit. « Ils parlèrent en langues et prophétisèrent » (Actes 19.6). Toutefois, souvenons-nous que les langues sont beaucoup plus qu'un signe, plus qu'une évidence initiale, plus qu'un phénomène étrange. Prier en langues avec l'Esprit, c'est pour l'enfant de Dieu l'expérience la plus édifiante qu'il puisse avoir. La pratique du « parler en langues » doit se poursuivre et s'accroître dans les vies de ceux qui sont baptisés de l'Esprit ; autrement ils risquent de voir les autres manifestations de l'Esprit se faire plus rares, voire même s'arrê-ter. Si vous souhaitez être un moyen d'édifica-tion pour vos frères dans l'Eglise, ne cessez pas de vous édifier vous-mêmes, par cet exercice constant de la prière avec l'Esprit, dans vos dévotions privées. Les langues ne sont pas pour le service public du ministère mais bien plutôt pour la dévotion privée, soit à la maison, soit à l'Eglise, soit ailleurs.
QUAND FAUT-IL PRIER POUR L'INTERPRETATION ?
De même vous, puisque vous aspirez tant à pos-séder... les manifestations de l'Esprit-Saint, que ce soit pour l'édification de l'Eglise que vous cherchiez (vous vous concentrez sur — vous combattez) à les posséder (à y exceller) abondamment. C'est pourquoi que la personne qui parle en langues prie pour « le pouvoir » d'interpréter (1 Cor. 14.12-13 N.T. amplifié).
Nulle part il n'est mentionné que quelqu'un doive prier pour recevoir le « don » d'interprétation. Il est dit à celui qui parle en langues, de prier afin de pouvoir interpréter par l'Esprit. C'est alors que cette interprétation devient un don que l'Esprit fait à l'Eglise pour son Edification. Paul exhorte simplement l'Eglise à « rechercher ardemment les dons les meilleurs » (1 Cor. 12.31). Il les avertit disant «Puisque vous êtes plein de zèle pour les dons (note de l'auteur : je préfère le mot « manifestation » à celui de « don » employé dans nos traductions habituelles), cherchez pour l'édification de l'Eglise, à en posséder abondamment (1 Cor. 14.12). Ici, la règle d'or est : pour l'édification de l'Eglise. Quels sont donc alors, les dons les meilleurs ? Seul, l'Esprit-Saint peut le savoir. Lui seul peut savoir quelles manifestations amèneront la plus grande bénédiction pour l'édification des croyants et des incroyants. Ce sera toujours le plus nécessaire qui sera le meilleur. Le Saint-Esprit sait de quoi nous avons besoin et il sait quelle est la volonté de Dieu. Ne cherchons pas à imposer les mains à ceux qui viennent de recevoir le baptême du Saint-Esprit et qui commencent à parler en langues pour qu'ils reçoivent le don d'interpréter. Nous n'avons là aucune base scripturaire. Laissez-les parler à Dieu et non aux hommes, laissez-les exprimer des mystères. Le plus sage, c'est de conseiller aux novices dans les manifestations de l'Esprit, d'apprendre à se livrer à l'Esprit-Saint, afin qu'ils soient, au plus tôt, utilisés par Lui et qu'il se révèle par leur moyen. Qu'ils deviennent des canaux amenant les « dons » les plus nécessaires aux autres. Qu'en tout premier lieu, ils se laissent édifier par Lui. Puisque la manifestation la plus édifiante, c'est la prophétie, il faut s'attendre à ce que l'Esprit manifeste ses dons prophétiques, plutôt que l'interprétation.
ORDONNEZ MAIS N'INTERDISEZ PAS LES LANGUES
Dans une assemblée de l'Eglise, combien doit-il y avoir de manifestations en langues, en interprétations, ou en prophéties ? Paul écrit : « En est-il qui parlent en langues, que leur nombre soit limité à deux ou trois au plus, et chacun prenant son tour. Que quelqu'un interprète et explique... mais s'il n'y en a pas (parmi les trois) pour faire l'interprétation, que chacun reste tranquille dans l'Eglise, et se parle en soi-même et à Dieu». (1 Cor. 14.27-28 N.T. amplifié). Voici un bon conseil. Si vous vous sentez pressé par l'Esprit, alors « murmurez » tout bas en langues, mais ne vous arrêtez pas. Remarquons cependant que le fait d'interpréter n'est péremptoire que pour un « parler en langues » prononcé à voix haute et distincte dans l'Eglise. Il paraît également évident que l'apôtre ne s'attendait pas à ce que l'interprétation suive forcément la première expression en langues, ce n'est seulement qu'au bout de deux ou trois « parler en langues », que l'interprétation paraît obligatoire. Autrement, on pourrait croire que l'Esprit n'avait pas jugé nécessaire d'édifier l'Eglise, au moyen de l'interprétation, à cette réunion là .
Du fait que le verset suivant déclare explicitement qu'il ne faut pas plus de deux ou trois prophéties, je crois qu'il sera toujours raisonnable de limiter à deux ou trois, le nombre des interprétations dans toute assemblée. D'après ce que j'ai vu et observé, je trouve que nous avons trop de dites interprétations dans la plupart de nos réunions et insuffisamment de prophéties considérées comme telles. Paul nous invite et nous presse à rechercher la prophétie (1 Cor. 14.1). «Ainsi donc, frères, aspirez à prophétiser et n'interdisez pas de parler en langues. Que tout se fasse avec bienséance et avec ordre». (1 Cor. 14.39-40).













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