Le 1er décembre 2008 est, depuis 20 ans, la Journée mondiale du sida (syndrome d'immunodéficience acquise). Du premier cas découvert en 1959 à aujourd'hui, en passant par les débuts de la pandémie de la fin des années 1970, la maladie s'est propagée sur la planète. La publication de la découverte du virus responsable du sida en 1983, qui a conduit à une concentration des recherches thérapeutiques, a pu ralentir la progression de la maladie et prolonger l'espérance de vie des personnes sidéennes, mais le bilan reste lourd : 65 millions de personnes infectées dont 25 millions de morts.
Les chiffres seraient moins pesants si la valeur des personnes avait été davantage prise en compte. En 2007, il y avait 33 millions de malades, dont 2,7 millions de personnes nouvellement contaminées. Le bilan mortuaire est de 2 millions de morts. L'Afrique est le continent le plus atteint, totalisant 67% du chiffre brut mondial des personnes séropositives et 1,5 millions de morts, soit trois quarts des décès, sur son sol.
Les responsabilités sont partagées. L'un des principaux acteurs de ce drame est l'industrie pharmaceutique qui, par omission et par ses actes a laissé se développer la pandémie. Par omission en n'accédant pas rapidement aux demandes suppliantes des pays en voie de dévastation de baisser les prix des médicaments. Par ses actes en portant plainte, dans un premier temps, contre l'Etat sud-africain qui autorisait le recours aux médicaments génériques, manière de contourner les brevets déposés sur les molécules découvertes, brevets qui confèrent un monopole aux firmes pendant 20 ans(1). Ou encore en déposant des demandes de brevets en Inde. Le sous-continent est le premier producteur de médicaments génériques vendus à bas prix. S'il venait à délivrer ces brevets, sa position en droit commercial en serait modifiée.
Cependant il serait trop rapide de décliner la responsabilité des victimes au sens large, qu'il s'agisse des gouvernements ou des individus par certains comportements à risques.
Les dirigeants politiques peuvent également avoir une responsabilité dans ce drame humain. C'est le cas de l'Afrique du Sud, dont le président Mbeki n'a pas pris le fléau au sérieux quand il était au pouvoir. A la fin des années 1990, le Gouvernement a suivi une politique s'inspirant des travaux d'un chercheur de la prestigieuse Université de Berkeley lequel assure que le sida résulte de problèmes de nutrition, de pauvreté ou encore d'hygiène. Autrement dit, pour ce chercheur, comme pour Thabo Mbeki, le sida ne serait pas provoqué par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Le Président sud-africain avait opté pour une politique sociale à visée sanitaire au détriment d'une politique de pure santé avec une pharmacopée élaborée notamment à partir du citron, de l'ail et de la betterave.













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