Le 19 février 2008, le Luxembourg est devenu, après les Pays-Bas et la Belgique, le troisième Etat européen à se prononcer favorablement sur une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. Il s'agissait d'un vote en première lecture, la seconde et définitive devant avoir lieu ce mois de décembre 2008. Le texte divise les sujets du Grand-Duché jusque dans la classe politique et rencontre l'hostilité de la majorité des professionnels de la santé. Mais la polémique a pris une ampleur autre quand le Grand-Duc Henri a annoncé le 1er décembre qu'il refuserait de signer la loi. Le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, a alors décidé de faire modifier la loi fondamentale pour passer outre ce blocage constitutionnel (1).

Un texte a été adopté le 11 décembre en vue de réduire les pouvoirs du Grand-Duc à une simple participation protocolaire au processus législatif : le monarque ne pourrait ainsi plus s'opposer au passage d'une loi comme le lui permet actuellement l'article 34 de la Constitution. La seconde lecture du texte sur la révision constitutionnelle aura lieu au plus tôt en mars 2009. Entre temps, la seconde lecture de la proposition de loi sur l'euthanasie devrait avoir lieu le 18 décembre(1).

La modification en urgence de la constitution d'un pays pour passer outre un refus légal n'est pas un acte sans danger. Faut-il, par ailleurs, ne plus exprimer d'objection quand elles relèvent de l'ordre des convictions religieuses ? Car, in fine, c'est aussi de la légitimité de la voix chrétienne en politique qu'il s'agit, des critiques ayant été formulées contre la foi catholique du Grand-Duc.

Pour aller plus loin...