Reporters sans frontières exprime son opposition au projet de loi présenté le 29 avril 2009 devant l’Oireachtas Committee par le ministre de la Justice Dermot Ahern qui punirait le blasphème d’une amende pouvant atteindre 100 000 euros. Le projet de loi prévoit également d’autoriser les cours pénales à pratiquer des perquisitions au sein des locaux ou du domicile des « blasphémateurs » pour y saisir les copies de leurs déclarations blasphématoires ou de tout matériel jugé comme tel.

« Le concept de diffamation des religions ou de blasphème est une aberration juridique, en contradiction avec la liberté de conscience contenue dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans la Convention européenne des droits de l’homme », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« A l’heure où tant d’intellectuels et de journalistes sont arrêtés et emprisonnés dans le monde pour avoir émis un discours critique sur les religions, l’Irlande ne peut se permettre le maintien d’un concept aussi anachronique. L’usage des perquisitions pour saisir du matériel est pour le moins discutable et en complète contradiction avec la nécessaire protection de la vie privée et du secret des sources. Le blasphème n’est pas un outrage, mais une opinion. Il serait inacceptable que l’on puisse condamner quiconque pour l’avoir librement exprimé », a poursuivi l’organisation.

« La dépénalisation des délits de presse et d’opinion entreprise par le ministre de la Justice doit s’appliquer à tous les pans de la liberté d’expression, y compris à ceux qui peuvent choquer une quelconque communauté. Nous demandons au ministre de la Justice de bien vouloir retirer l’intégralité de son projet », a conclu l’organisation.

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