Se conformer pour ne pas souffrir?
Par nicolas, samedi 4 mars 2006 :: article lu 349 fois :: #100 :: rss

L
a souffrance est un vaste sujet: nul parmi les disciples du Christ n'en est épargné. La Bible abonde d'exemples où des personnages refusèrent la souffrance et choisirent des chemins de traverse. Mais plus nombreux encore sont les récits de personnes qui sont restées fidèles. Je voudrais parler maintenant du conformisme, de ces coupes que l'on voudrait éviter de boire, de ces souffrances bénéfiques qu'on voudrait chasser mais qui continueront de nous attendre au prochain virage..."Nous le savons: ceux qu’aime Elohîms, tout concourt à leur bien, ceux qu’il a appelés selon son propos." (Romains 8;28 version Chouraqui)
Doit-on toujours se soumettre aux lois?
Le chrétien est par définition quelqu'un qui se soumet aux lois et aux autorités. Pourtant, la Bible elle-même nous exhorte: "Délivre ceux qu’on traîne à la mort, ceux qu’on va égorger, sauve-les! Si tu dis: Ah! Nous ne savions pas! Celui qui pèse les coeurs ne le voit-il pas?" (Prov.24;11-12a) Certaines soumissions tiennent parfois plus de la lâcheté que de la saine obéissance aux lois. Certaines neutralités seraient plutôt un refuge pour la tiédeur qu'une véritable marque de sagesse. Si en Allemagne, la religion protestante était majoritaire à l'époque du nazisme, il ne s'est trouvé aucun pasteur pour se lever et dénoncer l'horreur, hormis Dietrich Bonhoeffer qui l'a payé de sa vie. La Loi que nous connaissons aujourd'hui n'est que le produit du combat des utopistes d'hier. Le Nouveau Testament qui, par la bouche de Paul, ordonnait aux esclaves "d'obéir à leurs maîtres", contenait en lui-même la semence... de l'abolition de l'esclavage. Le message d'amour du Christ, "levain dans la pâte" de l'Humanité allait bouleverser en profondeur les mentalités. Mais s'il est des combats qui devraient être les nôtres, il est des armes que nous ne devrions pas utiliser.
La France piégée par les Droits de l'Homme?
"Les armes de notre combat ne sont pas charnelles", disait l'apôtre Paul (2 Cor.10;4). Mais notre cher pays de France s'est piégé lui-même dès les débuts de notre république, et cette pierre dans notre jardin est certainement une des causes essentielles de nos souffrances actuelles, et de l'ingérabilité de notre situation sociale et économique. Notre Constitution, basée sur la Déclaration de 1789, elle-même inspirée de la Déclaration d'Indépendance américaine de 1776 et inspiratrice de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, affirme: "Il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." Selon la pensée humaniste, l'homme est en droit de se révolter (donc d'user de violence) pour renverser tout joug d'oppression. Les promoteurs de la laïcité (les loges maçonniques, notamment le Grand Orient et son Livret Blanc) ont érigé en loi morale l'interdiction de tout "dogme", au nom de la liberté de conscience individuelle. Cet esprit de revendication "pied-à-pied" a essaimé dans le monde entier et tout pollué, jusque dans l'église.
Comprendre ou accepter?
La voie du monde veut comprendre pour accepter. Mais la voie de Dieu doit être acceptée afin d'être comprise. Même s'il existe des lois morales au-dessus de notre "bricolage législatif" français, et s'il est des "objections de conscience" ou des "désobéissances civiques" qui sont totalement justifiables dans leur intention, nous ne devons pas approuver les méthodes du monde. Le chrétien, par exemple, ne devrait pas se mettre en grève pour clamer ses propres droits, prendre en otage sa capacité ou son outil de travail, pratiquer la mise sous pression de son vis à vis pour l'obliger à négocier. Pour vous en convaincre, lisez cette remarquable étude. Jésus nous dit: Mon royaume n'est pas de ce monde. Si tu perds, tu gagnes ! Si tu descends, tu montes ! Si tu veux que je te révèle des choses merveilleuses, ne va pas passer des années dans le meilleur des instituts bibliques, mais va plutôt faire briller ta lumière dans les endroits les moins glorieux, là où abondent les souffrances!
Faire tomber nos murs de protection
"Celui qui veut conserver sa vie, la perdra", dit Jésus (Matthieu 10;39). Mais nous, pour ne pas perdre cette vie, nous nous sommes bâtis d'épais murs de protection. Nous avons mis notre confiance dans l'organisation humaine, dans la formation et l'encadrement quand Jésus nous disait que "celui qui est conduit par l'Esprit est insaisissable" (Jean 3;8b). Nous avons estimé avoir besoin systématiquement de locaux quand Dieu nous préférait "sous la tente" pour ne dépendre que de Lui. A la place des ministères complémentaires, nous avons voulu un "pasteur" pour faire comme le monde.
Nos souffrances sont notre joie
Si nous considérions que nos souffrances sont notre joie, nous deviendrions une église conquérante. Nous ne serions plus sans arrêt à tout vouloir encadrer, maîtriser, labelliser, pour ne pas être pris au dépourvu. Nous ferions notre allié de ce que nous redoutons tant: l'Esprit de Dieu, l'Esprit créatif et, oui, à chaque jour suffisant sa peine, chaque jour verrait son lot de conversions et d'impasses à vues humaines, dont Dieu rendrait l'issue miraculeuse. Ce ne serait pas nous exposer sciemment au danger (2 Cor.8;13) mais nous confier en l'Eternel. Mais pour éviter la souffrance, nous avons blindé tant de parties de ce corps qu'est l'Eglise que son mouvement est lourd, pesant, et qu'on l'entend venir de loin, tout inoffensive qu'elle est devenue désormais...
Où est le vrai témoin?
Le mot "témoin" est le même que le mot "martyr". Il signifie que nous sommes prêts, dans nos personnes et dans la personne de nos institutions, à payer le prix de ce que nous croyons. Nous sommes prêts à subir la dissection de ces entrailles de miséricorde dont Dieu nous a revêtus pour prouver notre amour au monde entier. Nous sommes prêts même à servir de libation. Tenter de "siéger avec les anciens de la ville" ne nous rendra pas plus acceptables pour autant (Gen.19;9). Vendre notre message avec des mîmes, des spectacles ou des sourires d'excuses n'enlèvera pas à la croix son côté scandaleux (1 Cor.1;18). Eviter l'affrontement ne sert à rien désormais car le monde se méfie déjà de nos ficelles trop grosses, et puisque nous sommes déjà mouillés, avançons "en pleine eau" (Luc 5;4 Ezéch.47;5). Nous allons apprendre à voyager léger, et comme notre maître qui n'avait pas un lieu où reposer sa tête, nous serons "étrangers et voyageurs sur cette terre" (Héb.11;13 et 1 Pier.2;11). Si nous avons la conscience mais pas le courage de nos opinions, il est de fortes chances qu'un autre "nous ceigne et nous mène où nous ne voudrions pas" (Jean 21;18). Cette persécution dont nous voulons à tout prix nous prémunir sera en fait notre plus grande bénédiction, et quelque chose me dit qu'elle ne tardera plus.
"Souvenez-vous de ces choses, et soyez des hommes! Pécheurs, rentrez en vous-mêmes! Souvenez-vous de ce qui s’est passé dès les temps anciens; car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli; je dis: Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté. C’est moi qui appelle de l’orient un oiseau de proie, d’une terre lointaine un homme pour accomplir mes desseins, je l’ai dit, et je le réaliserai; je l’ai conçu, et je l’exécuterai. Ecoutez-moi, gens endurcis de coeur, ennemis de la droiture! Je fais approcher ma justice: elle n’est pas loin; et mon salut: il ne tardera pas. Je mettrai le salut en Sion, et ma gloire sur Israël." (Esaïe 46;8-13)
"Il est attristant d'entendre dire: 'Oh, il n'y a pas de mal en ceci, il n'y a pas de mal en cela', s'approchant ainsi autant que possible du monde. La grâce est à marée basse dans l'âme quand celle-ci vient à se demander jusqu'où elle peut aller en conformité avec le monde." (Charles Spurgeon)
Doit-on toujours se soumettre aux lois?
Le chrétien est par définition quelqu'un qui se soumet aux lois et aux autorités. Pourtant, la Bible elle-même nous exhorte: "Délivre ceux qu’on traîne à la mort, ceux qu’on va égorger, sauve-les! Si tu dis: Ah! Nous ne savions pas! Celui qui pèse les coeurs ne le voit-il pas?" (Prov.24;11-12a) Certaines soumissions tiennent parfois plus de la lâcheté que de la saine obéissance aux lois. Certaines neutralités seraient plutôt un refuge pour la tiédeur qu'une véritable marque de sagesse. Si en Allemagne, la religion protestante était majoritaire à l'époque du nazisme, il ne s'est trouvé aucun pasteur pour se lever et dénoncer l'horreur, hormis Dietrich Bonhoeffer qui l'a payé de sa vie. La Loi que nous connaissons aujourd'hui n'est que le produit du combat des utopistes d'hier. Le Nouveau Testament qui, par la bouche de Paul, ordonnait aux esclaves "d'obéir à leurs maîtres", contenait en lui-même la semence... de l'abolition de l'esclavage. Le message d'amour du Christ, "levain dans la pâte" de l'Humanité allait bouleverser en profondeur les mentalités. Mais s'il est des combats qui devraient être les nôtres, il est des armes que nous ne devrions pas utiliser.
La France piégée par les Droits de l'Homme?
"Les armes de notre combat ne sont pas charnelles", disait l'apôtre Paul (2 Cor.10;4). Mais notre cher pays de France s'est piégé lui-même dès les débuts de notre république, et cette pierre dans notre jardin est certainement une des causes essentielles de nos souffrances actuelles, et de l'ingérabilité de notre situation sociale et économique. Notre Constitution, basée sur la Déclaration de 1789, elle-même inspirée de la Déclaration d'Indépendance américaine de 1776 et inspiratrice de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, affirme: "Il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." Selon la pensée humaniste, l'homme est en droit de se révolter (donc d'user de violence) pour renverser tout joug d'oppression. Les promoteurs de la laïcité (les loges maçonniques, notamment le Grand Orient et son Livret Blanc) ont érigé en loi morale l'interdiction de tout "dogme", au nom de la liberté de conscience individuelle. Cet esprit de revendication "pied-à-pied" a essaimé dans le monde entier et tout pollué, jusque dans l'église.
Comprendre ou accepter?
La voie du monde veut comprendre pour accepter. Mais la voie de Dieu doit être acceptée afin d'être comprise. Même s'il existe des lois morales au-dessus de notre "bricolage législatif" français, et s'il est des "objections de conscience" ou des "désobéissances civiques" qui sont totalement justifiables dans leur intention, nous ne devons pas approuver les méthodes du monde. Le chrétien, par exemple, ne devrait pas se mettre en grève pour clamer ses propres droits, prendre en otage sa capacité ou son outil de travail, pratiquer la mise sous pression de son vis à vis pour l'obliger à négocier. Pour vous en convaincre, lisez cette remarquable étude. Jésus nous dit: Mon royaume n'est pas de ce monde. Si tu perds, tu gagnes ! Si tu descends, tu montes ! Si tu veux que je te révèle des choses merveilleuses, ne va pas passer des années dans le meilleur des instituts bibliques, mais va plutôt faire briller ta lumière dans les endroits les moins glorieux, là où abondent les souffrances!
Faire tomber nos murs de protection
"Celui qui veut conserver sa vie, la perdra", dit Jésus (Matthieu 10;39). Mais nous, pour ne pas perdre cette vie, nous nous sommes bâtis d'épais murs de protection. Nous avons mis notre confiance dans l'organisation humaine, dans la formation et l'encadrement quand Jésus nous disait que "celui qui est conduit par l'Esprit est insaisissable" (Jean 3;8b). Nous avons estimé avoir besoin systématiquement de locaux quand Dieu nous préférait "sous la tente" pour ne dépendre que de Lui. A la place des ministères complémentaires, nous avons voulu un "pasteur" pour faire comme le monde.
Nos souffrances sont notre joie
Si nous considérions que nos souffrances sont notre joie, nous deviendrions une église conquérante. Nous ne serions plus sans arrêt à tout vouloir encadrer, maîtriser, labelliser, pour ne pas être pris au dépourvu. Nous ferions notre allié de ce que nous redoutons tant: l'Esprit de Dieu, l'Esprit créatif et, oui, à chaque jour suffisant sa peine, chaque jour verrait son lot de conversions et d'impasses à vues humaines, dont Dieu rendrait l'issue miraculeuse. Ce ne serait pas nous exposer sciemment au danger (2 Cor.8;13) mais nous confier en l'Eternel. Mais pour éviter la souffrance, nous avons blindé tant de parties de ce corps qu'est l'Eglise que son mouvement est lourd, pesant, et qu'on l'entend venir de loin, tout inoffensive qu'elle est devenue désormais...
Où est le vrai témoin?
Le mot "témoin" est le même que le mot "martyr". Il signifie que nous sommes prêts, dans nos personnes et dans la personne de nos institutions, à payer le prix de ce que nous croyons. Nous sommes prêts à subir la dissection de ces entrailles de miséricorde dont Dieu nous a revêtus pour prouver notre amour au monde entier. Nous sommes prêts même à servir de libation. Tenter de "siéger avec les anciens de la ville" ne nous rendra pas plus acceptables pour autant (Gen.19;9). Vendre notre message avec des mîmes, des spectacles ou des sourires d'excuses n'enlèvera pas à la croix son côté scandaleux (1 Cor.1;18). Eviter l'affrontement ne sert à rien désormais car le monde se méfie déjà de nos ficelles trop grosses, et puisque nous sommes déjà mouillés, avançons "en pleine eau" (Luc 5;4 Ezéch.47;5). Nous allons apprendre à voyager léger, et comme notre maître qui n'avait pas un lieu où reposer sa tête, nous serons "étrangers et voyageurs sur cette terre" (Héb.11;13 et 1 Pier.2;11). Si nous avons la conscience mais pas le courage de nos opinions, il est de fortes chances qu'un autre "nous ceigne et nous mène où nous ne voudrions pas" (Jean 21;18). Cette persécution dont nous voulons à tout prix nous prémunir sera en fait notre plus grande bénédiction, et quelque chose me dit qu'elle ne tardera plus.
"Souvenez-vous de ces choses, et soyez des hommes! Pécheurs, rentrez en vous-mêmes! Souvenez-vous de ce qui s’est passé dès les temps anciens; car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli; je dis: Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté. C’est moi qui appelle de l’orient un oiseau de proie, d’une terre lointaine un homme pour accomplir mes desseins, je l’ai dit, et je le réaliserai; je l’ai conçu, et je l’exécuterai. Ecoutez-moi, gens endurcis de coeur, ennemis de la droiture! Je fais approcher ma justice: elle n’est pas loin; et mon salut: il ne tardera pas. Je mettrai le salut en Sion, et ma gloire sur Israël." (Esaïe 46;8-13)
"Il est attristant d'entendre dire: 'Oh, il n'y a pas de mal en ceci, il n'y a pas de mal en cela', s'approchant ainsi autant que possible du monde. La grâce est à marée basse dans l'âme quand celle-ci vient à se demander jusqu'où elle peut aller en conformité avec le monde." (Charles Spurgeon)














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