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Eschatologie et prophétisme

12 questions à Joseph Paranera

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L
e Seigneur va provoquer la chute de la démocratie française, discussion à bâtons rompus avec l'auteur de l'exhortation prophétique "Nouvelle Jérusalem contre Babylone"...
Le premier message du frère Joseph sur Nouvelle Jérusalem contre Babylone ayant suscité des questions bien légitimes, nous avons cherché à connaître le frère et lui avons posé 12 questions. Voici cette discussion à "bâtons rompus".

1/ Joseph, plusieurs ont noté et peuvent noter dans certaines parties prophétiques du message « Nouvelle Jérusalem contre Babylone », que tu as annoncé des choses qui ne sont pas arrivées. En cela, crois-tu avoir été fautif ? Et si oui, en quoi ?
Assumant ce que j’ai transmis, je me sens personnellement fautif d’avoir induit partiellement en erreur mes frères et mes sœurs en Christ sur certaines révélations précises qui ne se sont pas produites. Je tiens avant toute chose à demander pardon pour cela, en mon nom, et au nom de l’équipe de discernement qui m’aide dans cette tâche difficile de porte-parole.

Le sens général de ce que j’ai voulu transmettre à partir de janvier 2005 était de prévenir que la France allait effectivement connaître à partir de septembre 2005 une série d’événements significatifs qui montreraient un jugement sur la nation par la dégradation de la nature et de la situation politique et sociale. Mais cela ne s’est pas tout à fait déroulé à ce jour dans l’ordre et sous la forme que j’avais révélés en me risquant à apporter des visions précises. Si, en septembre, il y a bien eu une série de grandes inondations sur le front Est comme cela était prophétisé, le Rhin et le Rhône ne sont pas sortis de leur lit, et Paris n’a pas connu de grande crue, du moins pas encore. Si, début octobre, au jour du nouvel an juif, il y a bien eu une grève à portée nationale, les émeutes des banlieues n’ont pas été annoncées.

Je demande également pardon pour les conséquences liées à des révélations qui s’avèrent fausses, comme par exemple de mettre inutilement dans l’émotion les frères et les soeurs qui habitent en bordure de Seine à Paris, sur les risques d’une crue qui pourrait atteindre leur maison. Sur la part d’erreur, je ne sais pas si les événements prédits sont exacts mais non pas au temps que j’avais discerné, ou si l’erreur est totale. Je ne sais pas si les événements n’ont pas eu lieu parce qu’ils étaient mal prophétisés, ou si c’est le fruit de l’engagement de frères et de sœurs en Christ qui auraient obtenu un sursis par leur prise de position spirituelle et leur intercession pour que « Ninive ne soit pas détruite ». Il est fréquent que le jugement de Dieu soit suspendu pour un temps de grâce supplémentaire… Ce que je regretterais le plus, ce serait que la part d’erreur qui provient de mon « miroir déformant » vienne jeter le discrédit sur tout le reste de l’enseignement qui a une importance pour l’Eglise.

Il faut comprendre aussi que transmettre ce que je reçois est purement et simplement mon devoir ! Comment pourrais-je me présenter devant le Seigneur si ces choses étaient arrivées alors que je ne les aurais pas transmises ? Le plus important pour Lui, c’est que les âmes perdues reviennent à Lui, peu importe la réputation du transmetteur. Et ne croyez surtout pas que nous avons transmis tout ceci à la légère, ou d’un cœur léger…

En même temps, sans que cela remette en cause ma demande de pardon, je suis heureux dans une certaine mesure de cette part d’erreur, car elle montre qu’aucun porte-parole n’est infaillible, du fait de son imperfection et de sa vision déformée. Cela rappelle instamment que chaque frère et sœur en Christ doit prendre du recul et exercer son discernement sur toute révélation, quand bien même elle serait prononcée par le ministère considéré comme le plus « grand » et cautionné par les milieux les plus « dignes de foi ». Je suis heureux parce qu’en n’ayant pas créé de « scoop prophétique » cela va m’éviter de tomber dans le piège de l’orgueil spirituel, de la vanité et éventuellement du succès médiatique, et cela va empêcher qu’une partie du peuple de Dieu en vienne à aduler mon ministère.

Oui, frères et sœurs en Christ, je suis comme vous : pauvre, faible, imparfait, et encore et toujours en chemin dans ma sanctification. Alors pardonnez-moi la déformation que j’ai apportée aux paroles qui viennent d’en haut, et portez votre attention sur notre Seigneur et ami, Jésus-Christ, celui-là seul qui est parfait et qui vous aidera à faire le tri pour retenir ce qui est juste et bon.

2/ Dieu parle, certes, mais tout ce qu'Il a à dire se trouve déjà dans la Bible, n'est-ce pas ?
C’est exact que l’essentiel, c'est-à-dire ce qui relève de la sagesse fondamentale de Dieu, est déjà inscrit dans la Bible ; mais tout ce qui est circonstanciel, c’est-à-dire ce qui relève de nous, de notre situation particulière et de notre vécu personnel, n’est pas entièrement écrit et décrit : c’est là qu’il y a la place pour la prophétie et les paroles de connaissances inspirées par le Saint-Esprit. Cependant, il y a une voie encore supérieure : il s’agit de comprendre que la Parole de Dieu n’est pas seulement une parole prononcée et transcrite, mais qu’elle est surtout une parole créatrice qui donne vie, car elle provient de l’amour-agapè. Qu’elle provienne de façon essentielle de la Bible, ou de manière circonstancielle des paroles inspirées des frères et sœurs en Christ, la connaissance n’est rien s’il n’y a pas l’amour-agapè. C’est pourquoi nous avons à expérimenter la Parole de Dieu dans notre vie au sein d’une relation intime avec le Seigneur Jésus, et à la vivre au milieu de nos frères et sœurs en Christ.

La Bible contient donc tout en germe, mais elle ne décrit pas toute la floraison des paroles de notre vécu d’Eglise. Pour bien me faire comprendre, j’utiliserai une image : dans la graine d’un fruit, il est déjà contenu toute la vie et le projet entier d’un immense et magnifique verger d’arbres fruitiers, mais pour autant les arbres ne sont pas encore sortis de terre ni chargés de fruits. Pour nous, cette graine, c’est Jésus-Christ, qui nous a donné en dépôt sa vie éternelle : comme une graine plantée parmi nous et qui accepte de mourir pour nous, Jésus a porté un fruit qui a pour but de produire le jardin divin constitué par tous ceux qui croient en Lui. Par son être et par son œuvre, Jésus a réalisé trois choses primordiales. Tout d’abord, avec Jésus, le Seigneur de la vie, il s’amorce dans la Bible un fait nouveau et fondateur : la Parole s’est faite chair, et elle a vaincu le silence de la mort. Dès lors, la Bible ne peut plus être considérée comme un écrit codifié ou un livre statique, à la façon des scribes et des pharisiens, mais elle devient dans le Saint-Esprit un dynamique témoignage de vie. Ensuite, le Christ ressuscité s’est retiré précisément pour nous laisser la place et nous charger de féconder la terre, avec les graines que nous sommes devenus, à notre tour, par le don de sa vie et de son Esprit. Enfin, Jésus, fils de Dieu et fils de l’Homme, est l’archétype de la réalisation du projet divin, qui consiste en une collaboration et une relation d’amour éternelles entre le Créateur divin et sa créature humaine ; cette œuvre est manifestée par l’Eglise et le Royaume.

La Bible, dans sa forme et son écriture, est le reflet de ce projet divin porté par le Christ. Pour nous, il s’agit donc moins de lire un livre pour la connaissance qu’il procure que de vivre notre foi, en étant éclairés par la Parole vivante. Autrement dit, nous avons à actualiser, à accomplir et à prolonger ce qui est écrit dans la Bible par ce que nous vivons dans le Saint-Esprit, à l’exemple de Paul qui est allé jusqu’à compléter les souffrances du Christ par les tribulations qu’il portait dans sa chair. Vis-à-vis du monde, il nous revient d’être des témoins vivants : nous avons notre parole à dire pour donner l’occasion au Seigneur de toucher les personnes que nous rencontrons. Vis-à-vis de l’assemblée des croyants, il nous revient de former des disciples matures en Christ par l’éclairage de la Bible et également par toutes les formes de paroles d’édification inspirées par le Saint-Esprit.

Dans tous les cas, nous avons, à l’exemple du Christ, à devenir une Parole faite chair.

3/ Tes écrits comportent une forte part prophétique. A ton avis, comment peut-on reconnaître que quelqu'un est prophète ? Ce n'est pas un peu étrange, ce "titre", au 21e siècle ?
Le rôle prophétique est souvent défini par le fait de délivrer oralement des prophéties pour encourager, exhorter, avertir ou éclairer le chemin à venir. Comme le Seigneur aime s’exprimer de façon concrète, une forme supérieure de prophétie consiste à délivrer des actes prophétiques, car l’acte vient comme sceller la parole en vue de sa réalisation. Or, celui qui porte le ministère prophétique découvre que même ce qu’il vit a une portée prophétique, et qu’avant d’être un porte-parole il est d’abord appelé à vivre la prophétie. Le prophète véritable se caractérise par le fait qu’il va tellement vivre la prophétie dans sa chair qu’il comprend que l’appel du Seigneur Jésus, c’est avant tout d’« être prophétie ». Cette intégration intime et profonde d’un ministère à la personne qui le porte se traduit par le fait qu’il n’est plus nécessaire de nommer le ministère en question, tant il est patent : ainsi, je crois qu’un prophète le devient vraiment lorsqu’il n’a plus besoin d’en porter le titre !

Nous en avons parlé auparavant : nous sommes appelés à devenir la Parole faite chair selon le modèle donné par le Christ. Et cela n’est pas seulement l’apanage du prophète ; c’est vrai pour tous les ministères selon la forme particulière qu’ils prennent. Un docteur sera Parole faite chair pour devenir un pédagogue, c'est-à-dire un chemin pour ceux qu’il enseigne. Un pasteur sera Parole faite chair pour être une référence, c’est-à-dire un exemple dans la façon de conduire sa vie et d’aider ses frères et sœurs à conduire la leur. Un apôtre sera Parole faite chair pour être un fondement, c’est-à-dire un pilier sur lequel peut s’appuyer l’assemblée fraternelle. C’est une voie difficile et étroite : ne rien dire et ne rien faire sans l’avoir vécu soi-même et intégré dans son être. Toutes les réalités spirituelles que le Seigneur Jésus veut nous faire exprimer et construire pour son Royaume sont appelées d’abord à être portées dans notre être, à l’image d’une femme enceinte. Ceci est simplement la conséquence que notre appel véritable n’est pas de vivre pour Christ en écoutant sa voix et en oeuvrant en son nom, mais que Christ vive en chacun de nous afin qu’il puisse sans cesse s’exprimer au travers de nos personnes.


4/ L'ère du prophète-presse-bouton ne te semble-t-elle pas révolue également ? Les gens courent après tel ou tel homme pour avoir un message, et ce faisant, ils manifestent leur infantilisme. Qui est coupable ? La personne ou le ministère qui se laisse faire, parfois "pour un gain sordide" ? Tu me racontais ton expérience "prophétique" extrêmement éloignée des feux de la rampe dans une convention de renommée nationale en France. Qu'est-il en train de se passer dans "le prophétique" en France ?
Le projet du Père céleste est de rendre chacun de ses enfants suffisamment mûr dans la foi pour assumer un ministère dans son Eglise. Or, nous constatons un double péché qui va à l’encontre de ce projet divin. D’une part, des personnes en nombre plutôt limité élèvent leur ministère dans l’Eglise en se servant des dons de Dieu, au point parfois de parvenir à une certaine renommée personnelle : il se forme une classe de dirigeants qui, inspirés ou non, savent parler en public et dominent le peuple de Dieu du haut de leurs estrades. D’autre part, beaucoup de membres du peuple de Dieu trouvent avantage à rester passifs comme on le leur a appris à l’école, avec un certain infantilisme dans la vibration émotionnelle : les grands ministères sont appréciés et désirés à partir du moment où ils procurent ces plaisirs dits « spirituels ». Au pire, le tout devient un spectacle qui n’a rien à envier aux « performances » modernes de variétés. Dans ce cadre, le ministère prophétique se compromet en donnant, à la va-vite et dans des ambiances « électriques », des révélations personnelles extrêmement affirmées à des frères et des sœurs qui attendent en file interminable, et dont l’attente n’est pas loin de la superstition et de la confiance en la voyance. Rien n’est plus éloigné du plan divin que d’accepter cela.

Je ne dis pas que je suis contre les prophéties personnelles, mais elles ne doivent certainement pas être pratiquées de cette façon. En tout état de cause, il faut déjà mettre beaucoup de précautions et de réserves dans la façon de délivrer une telle prophétie, à cause de sa portée personnelle qui peut être explosive, même à notre insu. La meilleure façon consiste à motiver le frère ou la sœur à rechercher une réponse à travers sa relation personnelle avec le Seigneur, et de ne lui apporter qu’ensuite une prophétie qui agit comme une confirmation de ce qu’il a déjà reçu. Dans un tel cheminement, il se pose la question de la capacité de ce frère (ou de cette sœur) à être lui-même (elle-même) suffisamment « prophète » pour recevoir une révélation personnelle : le prophète plus mûr sera ainsi amené à former spirituellement et à faire grandir en autonomie le frère ou la sœur qui le sollicite. Ceci suppose de prendre du temps dans un accompagnement individuel, et nous éloigne, n’est-ce pas, des grandes manifestations spectaculaires.

La première fois où, en 2001, le Seigneur Jésus m’a inspiré de porter un premier acte prophétique au sein d’une grande assemblée, il m’a demandé de le réaliser depuis ma place au sein du peuple de Dieu, et non sur l’estrade en béton qui était dressée pour les intervenants « autorisés ». Pour être franc, après 25 années de préparation, j’aspirais à monter sur l’estrade, et il a fallu que le Saint-Esprit me convainque de péché à ce sujet pour que j’accepte de réformer mes ambitions, que je croyais justes. Or cet acte prophétique signifiait précisément que le « don prophétique » en France allait quitter la forme des grands ministères sur des estrades pour se répandre sur un nombre considérable de frères et de sœurs. Et je crois que nous sommes maintenant dans le temps où le Saint-Esprit demande à ceux qui pensaient porter un « grand et puissant » ministère prophétique de renoncer à leur renommée afin d’emprunter le chemin d’une formation plus individualisée et d’un accompagnement plus personnel des membres du peuple de Dieu. Qu’est-il préférable pour le Corps du Christ : un nombre limité d’Elie qui gardent jalousement leur manteau sur eux, ou une armée de nombreux Elisée formés personnellement par des Elie qui auront accepté de leur partager ce manteau ?

5/ Comment perçois-tu le "régime alimentaire" des croyants dans les différents milieux ecclésiaux ? Penses-tu que quelques chose manque à leur nourriture ? Que recommanderais-tu aux bergers ?
Assez de lait, passons à la viande ! Je n’en peux plus de ces messages aussi plaisants dans la forme et le ton que superficiels dans le fond. Encore une fois, ceci est dû à la mode des beaux discours magistraux qui s’adressent à une multitude rassemblée dans des lieux de spectacle. La solution est que ceux qui ont la prétention de conduire le troupeau de Dieu parce qu’ils ont un peu d’avance sur le chemin acceptent de quitter les 99 brebis qui les suivent de façon aveugle et dépendante pour s’occuper d’une seule d’entre elles jusqu’au bout de sa maturité. Sortis des grandes assemblées pour être répartis dans de petits groupes de maison, les ministères habitués au monologue apprendront à partager la parole dans un dialogue. Cela va alors procurer de la viande parce que la Parole sera faite chair : confrontation aux difficultés de la vie, partage d’expérience vécue, exercice du discernement et des charismes en réponse à la réalité de l’existence humaine…

6/ Dévoilons un peu l'homme. Le Nouveau Testament n'est pas bavard sur les prophètes : "Il y eut un homme envoyé de Dieu", c'est tout ce qu'on peut lire de personnel concernant Jean le baptiseur, à part la description du miracle de sa conception. Agabus ? Il descendait visiblement de sa montagne. A Antioche, il y avait des apôtres et des prophètes. Ceux-là, on les connaissait localement. Et toi ? Qui es-tu et qui te connaît ?
Qui suis-je ? Je dirai que je suis Joseph, car ce nom révèle mon identité qui est fondée en Christ. Grâce à l’école de la vie vécue avec le Seigneur, j’ai progressivement accepté de renoncer à tout autre fondement de mon identité, notamment statut social et ministère spirituel. J’exerce un ministère, mais je ne porte aucun titre. J’ai appris par l’exercice d’une profession que la crédibilité d’une fonction ne réside pas dans les titres et les diplômes, mais dans la valeur de l’homme qui l’exerce. Pour un ministère chrétien, la valeur de l’homme qui l’exerce se mesure à sa relation intime et fidèle avec le Seigneur Jésus, qui est le meilleur des professeurs par son école de la vie, tant humaine que spirituelle.

Qui me connaît ? Seulement ceux qui se mettent en relation avec moi de façon personnelle et fraternelle en Christ. Je suis donc connu… plutôt localement ! Dans le cadre de mon appel, le Seigneur m’a demandé de ne pas chercher à me faire « connaître » au sens public du terme. C’est pourquoi la publication de la plupart des écrits qui me sont inspirés s’accompagne d’un recul dans la discrétion, car je ne suis qu’un serviteur et un porte-parole et je tiens à le rester. Ceci est conforme au message que je porte au sujet de l’Eglise. Je ne dirai rien de plus sur moi: que ceux qui voudraient mieux me connaître entrent en relation fraternelle avec moi !

7/ Tu dis que Dieu appelle en ce moment des "Joseph", et c'est le sens prophétique de ton nom. Peux-tu nous en dire plus ?
Joseph est le nom que le Seigneur Jésus m’a révélé en 2001, lorsqu’il m’a demandé de réaliser l’appel qu’il m’avait donné longtemps auparavant. En 2003, le Seigneur m’a demandé d’utiliser systématiquement ce nom dans mon engagement pour lui et son Eglise. Au cours de l’année 2004, plusieurs textes prophétiques de divers milieux ont annoncé que le Seigneur faisait lever des Joseph, au point, pour certains, de nous faire entrer dans une « génération de Joseph ».

Ce qui me plaît dans la figure du Joseph de la Genèse, c’est l’insertion de la foi dans la vie du monde et du travail, jusqu’au point d’assumer de hautes charges et d’éclairer les dirigeants. Mais la mission essentielle de Joseph est d’apporter sa contribution de visionnaire et de gestionnaire pour que le peuple de Dieu ne périsse pas à un moment clé de son cheminement. On retrouve un rappel de cette figure avec Joseph, père de Jésus, qui est charpentier et qui sauve sa famille de la persécution en fuyant en Egypte. Enfin, Joseph d’Arimathée, homme d’une certaine position sociale, est celui qui est allé réclamer le corps du Christ auprès du représentant de César ; il a pris soin de ce corps, et il l’a déposé sur le rocher en vue de la résurrection. Parce que l’Eglise est le corps du Christ, ceci est une prophétie pour l’Eglise dans les temps où ce monde cherchera à la faire mourir.

8/ Je sais qu’avec ton équipe vous êtes très impliqués dans des actions d'évangélisation en relation avec l’état spirituel de la France que tu décris. C'est l'autre face d'une même pièce ?
Nous sommes tous appelés à être des témoins, d’une façon ou d’une autre. Depuis que je connais le Seigneur Jésus, il m’a mis à cœur l’évangélisation, sans que pour autant je porte véritablement un ministère d’évangéliste. Je dirai que c’est une des facettes de mon appel. Il est vrai que certaines révélations que je reçois, quand elle comportent l’annonce du jugement à cause de la présence du mal, me mobilisent à entrer, avec d’autres frères et soeurs, dans l’évangélisation. En ce qui concerne la France, je suis habité par l’esprit de Jonas qui appelle à la repentance avant que le pays ne soit détruit. En quelque sorte, tout ministère de la parole est indissociable de l’évangélisation, dès que son message n’est pas réservé aux seuls croyants.



9/ Comment analyses-tu la situation de la France, la cause des émeutes et la réponse des institutions? Avais-tu "prévu" cela?
Non, je n’avais pas prévu spirituellement les émeutes, même si à vue humaine elles découlent très évidemment d’une situation qui pourrit depuis près de trente ans. Oui, j’avais discerné l’incapacité progressive du gouvernement et de la démocratie française à faire face aux jugements qui viennent sur la France, fruits de la perversité de la nation et de ses dirigeants et de la permissivité de ses institutions. Au sujet du gouvernement de la France, j’ai prophétisé il y a trois ans, en novembre 2002, que nous étions dans un temps de Saül qui préparait l’avènement d’un temps de David suivi d’un temps de Salomon. Avec cette clé prophétique liée à Saül, « l’oint déchu », les événements actuels se lisent avec beaucoup de clarté. La suite et la fin de l’histoire font plutôt peur pour la situation à venir de la France, si l’on se souvient des conflits difficiles et de la mort violente de Saül qui ont précédé l’avènement de David.

10/ Alors que nous partagions sur une citation du Général de Gaulle, tu m'as fait plusieurs observations. Au moment où quelques uns suggèrent à Jacques Chirac de demander pardon à l'Algérie, comment analyses-tu ce qui s'est produit en France dernièrement avec les émeutes des banlieues et les autres événements qui touchent notre pays ? Nous avons vraiment eu le sentiment qu'une "protection" était retirée à la France... Penses-tu que ce "retrait de protection" soit directement lié à notre politique étrangère, et notamment notre absence de soutien à Israël ?
Israël est en effet une clé de lecture pour comprendre spirituellement les enjeux de l’histoire de ce monde et de la France. Du fait des promesses de Dieu à Israël, c’est une donnée spirituelle de base qu’un pays qui devient ennemi d’Israël déclare en quelque sorte la guerre à Dieu, avec un risque mortel pour le dirigeant du pays qui en prend la décision ; alors que si ce pays fait du bien à Israël, il est béni par Dieu, et le dirigeant du pays avec lui. Quant à la France, j’ai reçu par révélation (donc ce qui suit est particulièrement à soumettre au discernement) qu’elle a une vocation de lumière pour les nations, et notamment à l’égard d’Israël. Or, dans l’histoire mouvementée de la France, nous pouvons lire quand la France a honoré pour un temps cette vocation ou quand elle l’a complètement trahie, avec en corollaire les successions de bénédictions et de malheurs qui sont survenus sur le peuple et ses dirigeants.

Sans remonter trop loin, il suffit de constater combien la France était amie d’Israël jusqu’en 1967, date à laquelle le Général De Gaulle a pris le parti de rompre ses relations diplomatiques avec Israël afin de favoriser des liens intéressés avec les pays propriétaires de pétrole au Moyen-Orient. Nous remarquerons avec quelle rapidité est survenue la chute : les émeutes et la crise de 1968, la démission de De Gaulle en 1969, et sa mort en 1970. Fort de cette lecture spirituelle, le règne de notre actuel président est marqué par des signes contrastés et contradictoires. A plusieurs reprises, des démarches de pardon ont été faites par le président au sujet des déportations juives décidées par le gouvernement de la France dans les années 40. Et on notera que le précédent premier ministre, juste avant son départ, a renoué quelques relations diplomatiques avec Israël. Cependant, alourdie par cet héritage gaulliste, et brouillée par une duplicité accrue sous Mitterrand, la politique étrangère française n’a pas vraiment changé à l’égard d’Israël. Les compromissions politiques et économiques avec le monde arabe restent de mise au détriment d’Israël, ce qui ouvre la porte spirituelle à l’emprise musulmane sur notre pays. Effectivement, tout cela contribue spirituellement à faire perdre à la France sa couverture de bénédiction et de protection.

Toutefois, il n’y a pas que l’enjeu d’Israël. Ou, autrement dit, la position vis-à-vis d’Israël n’est souvent que l’indicateur de l’état spirituel de la France. Or, nous l’avons déjà évoqué, la situation spirituelle de la France est dangereusement dégradée avec une émergence de tous les péchés majeurs que le Seigneur reproche généralement aux peuples païens qui sont jugés dans sa parole. Et le jugement est déjà commencé. Derrière un tel péché manifesté, il y a l’horrible constatation d’une puissante emprise démoniaque sur la nation française. Dans la hiérarchie des principautés idolâtriques, non seulement la France est placée sous la coupe des puissantes idoles du pouvoir (Baal) et de la prostitution (Astarté ou Reine du ciel), mais elle subit la principauté la plus haute, celle qui fait la fierté de Satan : la Philosophie. C’est l’idole par excellence, qui, au travers de l’athéisme et du culte de la raison, nie l’existence du mal et des idoles. C’est l’idole qui défie Dieu et qui produit l’esprit de l’humanisme et du pouvoir démocratique. Et toutes ces fausses lumières ont gravement dévoyé et sali la vocation spirituelle de la France.

Certes, le président de la République peut réaliser des démarches de pardon pour annuler l’effet de certains péchés des gouvernements précédents, comme l’envahissement guerrier du nord de l’Afrique par Napoléon III, qui nous a notamment mis en tort et en dette vis-à-vis de l’Algérie. Le pardon de l’autorité supérieure du pays ne peut avoir que des impacts bénéfiques pour sa propre nation et sur les relations de la France avec les peuples qu’elle a blessés. Mais cela ne sera pas suffisant pour résoudre les problèmes internes, dont les émeutes et les troubles n’en sont que la manifestation. Car le véritable enjeu, c’est que le président prenne conscience qu’il dirige une République qui est placée sous la domination des esprits les plus ennemis du Saint Esprit de Dieu et de son amour. Nous sommes dans le temps où le Seigneur Jésus, qui est souverain, va provoquer le déclin et la chute de la démocratie française pour que son plan pour la France entre dans son accomplissement au sein des nations et vis-à-vis d’Israël. Pour l’Eglise en France, elle doit s’attendre à un combat spirituel âpre et difficile.

11/ Joseph, tu as certainement vu notre sondage voxdei sur l'accueil (ou le rejet !) des étrangers. Les réactions de nos visiteurs sont multiples et plusieurs cèdent aux sirènes d'une certaine facilité. Les récents évènements semblent pourtant leur donner raison. Crois-tu que certains chrétiens soient devenus "racistes"? Quelle devrait être, selon toi, la réponse chrétienne ?
La première réponse chrétienne, c’est le témoignage de l’amour vécu au sein de l’Eglise. Or, à ce sujet, il me semble qu’il y a une voie à explorer qui serait prophétique dans la situation tendue que nous connaissons à l’égard de l’accueil des étrangers. Cette voie consiste dans le brassage des ethnies au sein des communautés ecclésiales, ce que ne pratiquent pas suffisamment nos églises à ce jour. En effet, il est fréquent de voir de nombreuses églises africaines, orientales, chinoises, et même américaines qui côtoient, parfois dans le même quartier, des églises de français dits « de souche ». C’est comme si l’Eglise de France était le reflet de ce qui se passe dans la société française, où les ethnies sont cloisonnées, alors que l’Eglise a l’appel à être un exemple de rassemblement qui, par l’amour du Christ, vainc toute forme de racisme et de rejet. Et quand nous subissons en tant que chrétiens l’influence du monde, nous devenons comme les gens du monde : la peur de l’autre nous emporte dans son fleuve amer et noirâtre qui charrie la violence, la haine et le racisme.

Je ne juge pas ceux qui, en s’exprimant sur voxdei, ont montré qu’ils se sont laissés emportés par la crainte, et qui, tout logiquement à cause de leur peur, prônent la limitation de l’immigration et le renvoi des étrangers. Je souhaite seulement leur rappeler fraternellement que le Christ a vaincu toute crainte par la puissance de son amour et qu’ils ont à mener ce combat spirituel en eux. Avec le triomphe de l’amour de Dieu manifesté par la croix, les réunions d’église devraient donc être des lieux exemplaires d’« intégration » où nous arrivons à vaincre la peur pour accueillir l’étranger comme une chance d’enrichissement du corps du Christ. L’amour du Christ permet aux chrétiens unis dans le Saint-Esprit de s’accepter dans leurs différences, parfois très importantes : façon de penser et de vivre, composantes culturelles et origines sociales... Or, pour que cela se produise effectivement, il est nécessaire qu’il y ait relation personnelle.

A ce sujet, l’expérience montre que les grandes églises ne favorisent pas les relations vraiment personnelles. Les réunions de masse suivies parfois de grandes tablées festives maintiennent les membres dans un niveau de relation superficielle qui se rabat sur la facilité identitaire des critère humains de race, de coutume et de langue. De plus, la grande assemblée se structure et se hiérarchise autour d’une « classe sacerdotale » qui est composée de membres représentatifs de la culture, de la race et de la langue spécifiques, ce qui renforce l’exclusion de ceux qui sont « étrangers » dans une sorte de « racisme » d’église parfois pire que celui du monde. La solution réside dans une vie d’assemblée en petit groupe où est privilégié l’approfondissement de la relation fraternelle personnelle. C’est là que prend tout son sens l’église de maison qui est souple et fondée sur le partage. Elle favorise potentiellement le brassage de personnes différentes en adoptant une logique de rassemblement selon un secteur géographique, et non selon des critères d’affinités.

Ainsi, l’église de maison consiste en un formidable levier pour relever le défi de l’intégration de l’étranger. Car souvent, nos frères et sœurs dans la foi qui arrivent en France connaissent de multiples barrières difficiles à franchir lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes : apprentissage de la langue du pays d’accueil, adaptation culturelle, recherche d’emploi… Pour tous ces sujets concrets, chaque groupe local de chrétiens visera à accueillir tel ou tel chrétien étranger en son sein, et il lui apportera une aide personnalisée et concrète. Et en apportant cette aide, celui qui était considéré comme étranger au regard du pays, sera intégré en tant que chrétien dans l’église de maison. De cette façon, l’Eglise sera une prophétie pour le monde sur le sujet de l’intégration : une prophétie vécue et vivante. Et plus encore que l’intégration, cette prophétie vivante va interroger en profondeur et remettre en question les valeurs d’une démocratie qui en train de toucher à sa fin et qui démontre chaque jour son incapacité à intégrer les étrangers. Car la fraternité républicaine n’est pas l’agapè chrétien. Mais ceci est une autre histoire.

12/ D'après ta compréhension des Ecritures, l'Eglise sera-t-elle enlevée ? Et quand ? Avant, pendant ou après la période nommée "Tribulation" ?
La seule référence qui me vient en tête consiste en quelques versets du chapitre 24 de l’évangile de Matthieu qui parlent de personnes enlevées alors que d’autres seront laissées là où elles se trouvent. Pour l’Eglise, je vois plutôt une descente sur la terre de la Jérusalem céleste, qu’un projet d’une sorte d’enlèvement collectif dans le ciel. C’est que, je l’avoue, cette question de l’enlèvement de l’Eglise n’est pas entrée une seule minute dans la cible des sujets sur lesquels le Seigneur Jésus m’a demandé de me focaliser. Et au risque de choquer, dans le grand silence dans lequel je suis placé en m’interrogeant sur ce sujet, les premières paroles inspirées qui surgissent sont : « sans intérêt ! »

Effectivement, qu’est-ce que la connaissance sur l’enlèvement de l’Eglise va m’apporter de plus dans mon édification spirituelle et dans mon engagement pour la construction du Royaume de Dieu aujourd’hui ? Je crains que la réponse ne mette en évidence combien est suspecte l’attirance pour ces choses « merveilleuses » qui jettent dans de vaines émotions une partie du peuple de Dieu, le détournant de sa véritable responsabilité. Que dire de plus, en effet, sinon que l’enlèvement est l’affaire de Dieu, comme le moment du retour du Christ ? Ma part, c’est d’être prêt, d’être debout, de veiller et de prier, de témoigner et d’aimer, d’apporter la lumière du Christ et des actes concrets qui glorifient le Seigneur Jésus.

Sur ces questions qui ont trait aux temps de la fin, nous sommes prévenus que le jour et l’heure du Seigneur viendront par surprise, comme un éclair. Or, que le Christ revienne ou non cette nuit, que l’Eglise soit enlevée ou non dans l’heure, ma posture spirituelle en Dieu ne devrait pas changer, et mon engagement pour Christ devrait rester le même. C’est pourquoi, que cela concerne l’enlèvement de l’Eglise ou le retour du Christ, ou d’ailleurs l’heure de ma propre mort, le seul intérêt que je trouve à la perspective des temps de la fin c’est de tester où j’en suis aujourd’hui avec le Seigneur si cela se produisait effectivement. Ma lampe sera-t-elle pleine ? Me déclarera-t-il « bon serviteur » ? En fonction de la réponse, cela doit me motiver à ajuster ma vie sur la volonté de Dieu. J’aime cette phrase du réformateur Martin Luther : « même si demain c’est la fin du monde, aujourd’hui je plante un arbre. »

Au regard de la grande tribulation devant venir aux temps de la fin, il semble qu’elle soit tellement insupportable que le Seigneur pourrait bien prendre un moyen comme l’enlèvement pour nous en sauver. Mais a-t-il épargné les martyrs des premiers siècles, ceux qui attendent que leur nombre soit complété (Apocalypse 6, 9-11) ? Quoiqu’il puisse arriver et jusqu’à preuve du contraire, je crois que nous devons considérer que nous vivons une période qui précède les temps de la fin, et que nous sommes placés dans ce monde pour faire face aux tribulations de notre temps. Il serait dangereux de ne pas nous y préparer en considérant qu’un « enlèvement » viendrait opportunément nous dispenser de toute souffrance. Il me semble que cette conception est dangereuse et irresponsable. Il nous faut plutôt envisager que nous aurons à gérer l’opposition et la persécution en Occident même, et qu’il n’est pas trop tôt pour nous préparer à vivre une Eglise cachée, comme tant de nos frères et sœurs dans de nombreux pays d’Orient.


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