Les jeux d'argent, un fléau teinté de superstition en forte croissance
Par nicolas, samedi 4 mars 2006 :: article lu 541 fois :: #69 :: rss
C
'est bien connu pour nous chrétiens, l'argent des jeux de hasard est maudit. Il est le fruit de la sueur de millions de personnes, versé dans un illusoire entonnoir qui a pour nom: "jackpot". Le seul problème, c'est que l'Etat, organisateur de cet impôt sur le "rêve" et la superstition, ouvre le robinet de la redistribution de manière à ne laisser passer qu'une seule "grosse" goutte. La "goutte" de la semaine pesait 75 millions d'euros. Le principal, soit 587 millions d'euros, est resté dans la poche de l'Etat...Cette fin de semaine a connu 3 records de gains: un tunisien au chômage père de 5 ou 7 enfants (les médias ne sont pas tous d'accord), a empoché 75.888.514 euros, l'équivalent de près de 62 siècles de Smic. Un joueur du Quinté + a empoché quant à lui 4.2 millions d'euros. Enfin, dans le même week-end, un habitant de Tourcoing a gagné le Loto, soit environ 6 millions d'euros.
La Française des Jeux, société distribuant cette nouvelle "drogue", compte 40 000 points de vente en France, et environ 30 millions de clients. A cela il faut ajouter 6 millions d'adeptes du Tiercé. Cependant, ces chiffres sont à revoir à la hausse et il est indécent, voire tabou, d'en parler dans notre société dans laquelle le jeu représente "une respiration, une fenêtre ouverte dans une société bloquée", ainsi que le déclare un quotidien gratuit bordelais.
Ces chiffres sont sans doute déjà dépassés car la dernière étude sérieuse datait du début des années 90. Une mission du Sénat bricolée à la hâte évaluait donc en 2002 le nombre de joueurs à une trentaine de millions. A la même époque, le sociologue Jean-Pierre Martignoni-Hutin déplorait: "La France souffre d'une carence absolue d'études (...) rendant impossible la mesure d'un véritable problème de santé publique".
Un spécialiste en toxicomanie, le psychiatre Marc Valleur, affirme: "Le jeu répond aux mêmes mécanismes que la drogue: s'éblouir, s'envoyer de l'adrénaline, puis se retrouver pris au piège, chercher à l'intérieur du problème la solution au problème en rejouant pour se refaire, vouloir arrêter sans pouvoir, tout subordonner à sa passion".
L'émulation et le battage médiatique de cette semaine autour des heureux gagnants ont suscité un engouement tel que la Française des Jeux et le PMU ont connu l'affluence. L'industrie du jeu en France a enregistré une croissance 9.8% en 2004 (8.55 milliards d'euros). Le PMU (8 000 points de vente) a lui augmenté son chiffre d'affaire de 7.6%, soit 7.6 milliards d'euros. 18 000 bandits manchots ont détroussé les clients des casinos (chiffres sans doute bien supérieurs) de 2.61 milliards d'euros, soit 2.6% d'augmentation sur une année.
Un nouvel impôt est né: celui de la superstition et c'est le seul que les français versent avec le sourire.














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