Eglises ou sectes, morceaux de cadavre sur un tas de cailloux...
Par nicolas, dimanche 5 mars 2006 :: article lu 749 fois :: #128 :: rss

C
ar là où sera le corps mort, là s'assembleront les aigles Matthieu 24;28. Deux mots reviennent souvent ces temps-ci, leitmotivs d'une civilisation en mal de répères: église et secte. Dans le langage courant, le premier à désigner un "tas de pierres", et le second est l'épouvantail brandi par la vindicte populaire pour désigner le bouc émissaire du moment. Mais n'y a-t-il pas parfois un peu de vrai dans les étiquettes que l'on nous colle? "Qui fait l'ange fait la bête", disait Blaise Pascal. Pour plus de transparence dans l'Eglise, la vraie, et pour un meilleur témoignage, suivez moi dans ces quelques réflexions et cet appel à la réforme, faisant nôtre cette formule de Calvin: "Eglise réformée - se réformant toujours".Lire Juges 19
Secte et église, étymologies...
Tout d'abord, il nous faut définir les mots: une secte (du latin secare, couper, ou sequi, suivre) est un groupe suivant un maître inspiré. Le mot église quant à lui signifie: l'assemblée de ceux qui sont appelés hors du monde. Ce mot est malheureusement amalgamé avec le lieu de culte du même nom. Il nous faut maintenant aller un peu plus loin pour comprendre l'Eglise, ce corps dont Jésus, le Christ est la tête - mais que l'on découvre de nos jours morcelé, fragmenté en de multiples sectes, et qui sont autant de pierres sur le chemin qui nous mène à Dieu, en ce sens que ces sectes chrétiennes témoignent que ce corps n'en est pas un.
La coutume du tumulus
Tous les peuples ont leurs religions et leurs temples. Il semble d'après la Bible que la coutume ancienne (Juges 19;29 et 1 Sam.11;7) était de découper les cadavres des grands hommes, et d'envoyer les morceaux du corps à tous les coins de l'empire. Ainsi, les morceaux du cadavre du "saint homme" étaient révérés, et des tumulus étaient bâtis en son honneur. Cela semblerait expliquer le fond commun des contes et légendes (Minos en Grèce qui était Ninus, ou Nimrod, fondateur de Ninive, ou Osiris en Egypte, etc.). Ces lieux de culte devenaient sacrés - des lieux dégageant une sainteté, du moins un climat ou une aura particulière, dans lesquels on parlait à voix basse, et où les dieux résidaient.
Les juifs veulent des rois et les chrétiens des temples
Se sentant misérable, seul au milieu des peuples du monde à n'avoir pas de roi, le peuple hébreu a voulu avoir son souverain. Le prophète, cependant, les a averti de la part de Dieu de ce qui arriverait: le roi leur prendrait leur argent, leurs enfants pour faire la guerre, etc. Plus tard, alors que le christianisme naissant devenait religion officielle d'un empire, on voulut lui accorder une reconnaissance officielle en lui donnant les bâtiments de la religion précédente. C'est ainsi que, petit à petit, cette Eglise qui n'en était pas une se transforma et les responsables, au lieu de s'occuper des pierres vivantes, en vinrent à devenir des agents immobiliers. Ces lieux de cultes, souvent hérités des autels et sanctuaires païens étaient hautement symboliques, voire chargés d'une puissance spirituelle mauvaise, . C'est ainsi qu'à Rome fut bâti, sur le cimetière païen de la colline nommé Vatis, un temple colossal. L'homme chargé de bâtir ces temples était souvent le descendant des bâtisseurs antiques, et il possédait le secret de la construction mystique, laquelle influait sur l'âme et l'esprit des faibles. La voûte Romane, en plein cintre, accueillait le fidèle comme en un sein maternel, et la Gothique, en ogive, lui otait ses repères pour lui donner une impression de petitesse. Le clergé prospérait et tout le monde semblait content. Jusqu'à la Réforme...
Vint la Réforme, avec ses sectes
De tous temps l'Eglise véritable a existé - et de tous temps l'Histoire officielle l'a reniée. On estime que 90% de ceux qui périrent comme hérétiques "cathares" étaient de vrais chrétiens, pas plus zoroastriens que vous et moi. De tous temps, les hommes ont pu accèder au texte biblique, mais l'époque la plus faste fut celle où l'Evangile en langue romane, vulgaire, fut diffusée. De cette pré-réforme naquit la Réforme, et de la Réforme naquirent de multiples réformes, se réformant elles mêmes pour donner naissance à une kyrielle de sectes. J'avais il y a quelques années dénombré dans la seule Afrique du Sud quelques 2200 sectes évangéliques. Pourquoi tant de sectes? La réponse est simple: la Réforme mettait l'accent sur l'appropriation personnelle, individuelle du Salut. Il était donc naturel que, subjectivement, et possédant en main les Ecrits Sacrés, l'individu pusse expérimenter outre le Salut, l'une ou l'autre révélation de Dieu, chose que le dogmatisme des Religions d'Etats ne pouvait tolérer. Chaque mouvement de réveil mettait ainsi en exergue une vérité oubliée, mais lorsque le précurseur disparaissait, ses disciples se faisaient une idôle de la vérité re-découverte, excluant à leur tour, comme avait été exclu leur maître, celui qui découvrait la vérité suivante, et ainsi de suite...
Argent, stades, médias et reconnaissance?
Je vais encore être trivial et recevoir beaucoup de critiques, mais les mouvements actuels ne se comportent pas comme une épouse légitime. Ils se comportent plutôt comme une maîtresse, ou une vulgaire "poule de luxe". Il leur faut du strass, des paillettes, des flonflons, du bruit et des foules pour se sentir acceptés. Ils construisent de grand bâtiments, planifient sur des années, tenant compte du taux de croissance probable, des dîmes, et prennent des prêts en conséquence. Ils louent des stades, dépensent des sommes insolentes en sonorisation, locations, publicité, et doivent des années durant pressurer leurs fidèles pour arriver à un but: paraître respectable aux yeux de ce monde, s'attirer la faveur des médias - qui d'ailleurs n'en ont cure! Une épouse, sincère, aimante, dévouée et légitime, selon ce que nous enseigne la Bible, ne se pare pas d'or, ni de tresses, ni de pierres précieuses.
Le vrai Temple
Dieu n'habite pas dans les temples fabriqués par la main des hommes. Il est inutile de lui construire une maison, de se dire qu'elle sera un "poumon" pour Son Saint-Esprit: Il n'y viendra pas. Pour quelle raison puis-je être aussi affirmatif? Parce que, et l'Histoire et la Bible me montrent que j'ai raison. Toutes les fois que l'Eglise, dans quelque époque que ce soit s'est transformée en propriétaire, elle a perdu peu à peu le souci de sa mission primordiale. La Bible enseigne que l'Homme, créé à l'image de Dieu, a été détruit par le péché, en Adam. Dans le second Adam, Jésus le Christ, tout homme qui a foi dans le sacrifice et la mort sur la croix peut devenir une habitation de Dieu en Esprit: un temple pour Dieu. Pas un parvis, pas un lieu saint, mais un saint-des-saints. Aucun homme ne peut voir Dieu et vivre: mais celui qui accepte de ne pas détourner le regard et qui contemple sur le visage de Christ la gloire du Dieu d'amour, celui-là meurt, est crucifié avec Lui, et il est porté vers la vie et la lumière par l'Esprit de Dieu, le Ruah (Souffle divin) qui "respire" désormais en lui. Ainsi intégré à Dieu, le croyant, nourrissant son âme des Saintes Ecritures est assemblé à ceux qui ont vécu la même expérience que lui, pour former le Corps de Christ, corps mystique et invisible, qui s'assemble localement dans des cellules d'édification aux noms divers et variés.
Là s'assemblent les aigles...
Je concluerai par le texte qui nous servait d'appui, Juges 19, verset 27: La concubine du lévite, même pas une épouse, est tombée morte, et seuls ses bras ont touché le seuil de la maison. Beaucoup parlent de notre position, dans le lieu très saint, la présence même de Dieu, mais si bien peu l'ont réalisé en tant qu'individu, en tant que corps, tout reste à faire. C'est dans le parvis que le cadavre s'est effondré. Il est temps mes amis de nous approcher de Dieu, de mettre par terre nos confessions de foi, de les regarder comme des excréments (Phil.3;8, 1 Rois 14;14, Job 20;7, Mal.2;3) car elles dressent des murs de haines et de division. Il est temps de prendre du recul, comme l'aigle, et d'assembler le puzzle, la mosaïque de nos différences. Il est temps de faire cause commune pour Christ. Le figuier a refleuri, et avec le retour d'Israël en tant que nation, des multitudes de peuples veulent et proclament leur souveraineté, jusqu'à quelques bretons en France récemment ! Il est temps de chercher le Seigneur. Quand les disciples disaient au Maître "Quand sera-ce?", le Maître disait en somme: ce peut être n'importe quand. Et quand les disciples disaient "Où sera-ce?", le Maître répondait: mon jugement va venir, et mes anges trieront le bon grain de l'ivraie. Là où sera le corps mort, là s'assembleront les aigles (Job 39;30-33).














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