Les verrous
Par nicolas, mardi 7 mars 2006 :: article lu 587 fois :: #122 :: rss

N
otre Seigneur nous a promis la liberté, un liberté pleine et entière, de laquelle Il nous a parlé dans Sa Parole, la Bible. Pourtant, il est encore des domaines où nous sommes gênés aux entournures, à l'étroit dans un "vêtement" religieux dont nous sentons confusément qu'il n'est pas la vérité qui nous libère. Une année, je travaillais avec un agriculteur et nous refaisions une vigne. Nous ne nous sommes pas contentés d'arracher les vieux pieds de vigne, ceux qui ne donnaient plus grand chose et fatiguaient même inutilement la terre: chaque rangée à dû être labourée, et il a fallu, dans chaque sillon, enlever chaque racine si petite fut-elle, pour assurer aux nouveaux plans un meilleur rendement. Je vous propose donc, dans notre entreprise de défrichage d'un champ nouveau pour le Seigneur, d'entrer avec moi dans le champ, et d'identifier quelques racines que j'ai nommé "verrous". Par la grâce de Dieu et afin de Lui rendre un meilleur service, je vous invite à les faire sauter et à entrer dans l'héritage qui nous attend tous."...Dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine." (2 Pier.3;16)
C'est le premier verrou. Il est extrêmement bien ancré dans la pensée de l'Homme, et d'ailleurs, il est un des pivots de l'humanisme: pourquoi devenir des saints, puisque nous sommes des Hommes? Soyons ce que nous sommes ! Drappé dans cet habit de burre religieuse, nous voyons pourtant là un esprit qui tente de dissimuler, d'excuser, puis de tolérer le péché. Ainsi que le disait Charles Finney, le revivaliste bien connu, il faut "débusquer chaque pécheur derrière son buisson". C'est le processus de sanctification dont Dieu parle. Et c'est une grâce également, que de recevoir Son Esprit qui accomplit ces choses en nous: "par la sanctification de l'Esprit", dit l'apôtre Pierre. "C'est Lui qui le fera", répond l'apôtre Paul. "Soyez parfaits", ordonne Jésus. Il n'ordonne rien qu'il ne donne: nous en avons les moyens! De nombreux théologiens ont disserté sur la perfection, mais bien peu ont osé aller jusqu'au fond de la pensée du Christ. La plupart semblent s'être arrêtés en chemin, contemplant l'immensité de l'éternité, et le gouffre qui sépare notre chair de la sainteté de Dieu. Il s'est pourtant trouvé, de tous temps, quelques hommes courageux, pour nous exhorter à aller plus loin, à découvrir l'étendue immense de notre héritage, à nous qui sommes des "hommes faits", ou "parfaits", comme dit l'apôtre paul. De ce nombre fut l'évêque Law (lire "Soyez parfaits"). Nous sommes "parfaits", en ce que Christ, notre tout, notre vie, possède en Lui la plénitude de Dieu, plénitude dans laquelle non seulement Il nous convie, mais en plus Il nous ordonne d'entrer car "sans la sanctification, personne ne peut voir le Seigneur". Nous sommes lavés en naissant par l'eau pure de la Parole, et nous pouvons "voir le royaume de Dieu", comme s'entendit répondre le religieux Nicodème. Mais pour "entrer" dans ce royaume, il faut naître aussi de l'Esprit, qui accomplira ces choses en nous. L'êtes-vous? Il vous suffit de Lui demander de le faire et vous serez vêtus, par grâce de fin lin !
Ce verset d'Hébreux 10 est bien souvent brandi par des milieux ecclésiaux abusifs pour garder les brebis dans leur "enclos". En réalité, le texte ne dit pas "n'abandonnez pas votre assemblée", mais bien "ne cessez pas de vous réunir"! Ceux qui disent qu'il ne faut pas quitter son assemblée devraient s'interroger sur ce qu'est réellement l'assemblée. Dans la pensée biblique, l'assemblée, c'est l'église qui se réunit dans une localité. Il n'y avait à l'origine pas de place pour la justification des dénominations, campant chacune avec orgueil sur ses doctrines, sa confession de foi, et son clergé. Donc je le redis, si nous sentons qu'on nous maintient abusivement dans un milieu sclérosant, aliénant, nous sommes parfaitement libres d'aller voir ailleurs, si le Seigneur nous y conduit! Attention, il vaut mieux être conduit par Dieu pour sortir de certains milieux, mais ne craignez rien: vous ne perdrez pas votre salut. L'on vous promet de verts patûrages et vous vous trouvez serrés comme des harengs dans une conserve à vous partager une pitance spirituelle avariée? Pas de doute, vous n'êtes pas dans la bonne bergerie: brisez ce verrou et priez le Seigneur de vous conduire vers Ses véritables enfants.
Voici un verrou qui est lui aussi héritier de la pensée humaniste: Il n'y a pas d'église parfaite. Cette phrasette assassine est généralement servie par le berger qui ne souhaite pas trop que l'on vienne mettre le nez dans ses affaires. Elle est parfois aussi lancée à ceux qui sont appelés "rebelles". C'est un frein efficace, puisqu'il décourage l'attitude de Béréen, qui consiste à examiner ce qui est prêché et à parler avec les serviteurs de ce qui nous semble ne pas correspondre avec la pensée biblique d'ensemble.
Ce point-ci est une véritable malédiction, lancée par vos ennemis: vous allez devoir vous en dégager et les bénir en retour, si vous ne voulez pas voir votre santé spirituelle s'étioler. S'il est bien évident qu'il faut se rattacher à des frères qui exerceront un contrôle sur notre vie, notre ministère (Dieu nous parle en effet souvent par les autres croyants, et nous devons être accessibles, nous remettant en question chaque jour, même lorsqu'un "sans grade" nous interpelle), il ne faut pas retomber dans la logique dénominationnelle. Par exemple, le réseau international d'intercession animé par Peter Wagner (USA), s'est mis depuis quelques années à établir des apôtres sur chaque région du globe, et théoriquement, selon leur doctrine, il faudrait que tous ceux qui veulent marcher avec le Seigneur, se rattachent à eux. On voit rapidement ce qu'un tel système peut avoir de pervers... La seule véritable couverture spirituelle est la grâce de Dieu, et je vous invite, pour une étude plus détaillée sur cette question, à lire l'étude de notre frère Henri (voir liens en fin de message).
Voici un verrou qui, notamment dans les milieux pentecôtistes, fait beaucoup de dégâts. Qu'est-ce qu'un serviteur de Dieu? C'est un homme, une femme, qui marche fidèlement avec Dieu, en fonction de son appel et de sa vocation. Nous ne sommes plus dans l'Ancienne Alliance où le sacrificateur l'était à vie. Si Dieu ne se repent pas de Son appel, c'est que Son plan pour notre vie appelle en nous le meilleur, malgré nos errements. Dieu ne se lasse de nous pardonner, et de nous élever. Pourtant, par moment, certains ministères devraient être démis de leurs fonctions, pour les motifs de discipline grave dont parle la Bible. Mais passons au point suivant, qui est un verrou complémentaire.
Ce verrou-ci est extrêmement courant. En général, il est prêché par le pasteur, l'apôtre, le prophète pratiquant l'abus spirituel, afin d'éviter la remise en question de son autorité. Encore une fois, tordant habilement de vérités bibliques, les ministères abusifs se dissimulent, assoient et verrouillent leur pouvoir, pour le plus grand malheur de leurs communautés. L'exemple de l'humilité, de la constance, et de la foi de David en la justice divine est subtilement détourné. Si son exemple est juste, c'est l'esprit dans lequel il est employé qui ne l'est pas: ce n'est pas à nous mêmes d'exercer notre défense, et pourtant en toute impunité, les ministères abusifs et ceux qui les soutiennent verrouillent leurs brebis en faisant eux-mêmes justice, et en se recommandant eux-mêmes. Ceci nous amène tout naturellement au verrou suivant.
Si ce n'est pas à nous de condamner (de vouer à la damnation) un serviteur d'autrui, c'est à nous cependant de juger ses actes (les fameux fruits), et ses paroles (comme les Béréens dont nous avons déjà parlé). Le jugement de l'homme "spirituel" consiste à accepter d'être scruté autant qu'il scrute autrui. Entendez-moi bien, je parle de ceux qui parlent (ou disent parler) de la part de Dieu. C'est une mode que de dire de ne pas juger, notamment dans les milieux charismatiques, et c'est une vérité qui, si elle est effectivement contenue dans la Bible, a des effets paralysants sur le nécessaire discernement à manifester. A qui profite le crime? Que cherche-t-on à nous faire avaler comme couloeuvres? C'est très simple: c'est l'oecuménisme. Que dire de cette conférence parisienne Embrase Nos Coeurs où désormais un prêtre jésuite impose les mains au même titre qu'un pasteur évangélique? Où que l'on se tourne dans le monde évangélique actuellement, on se rend compte que les doctrines catholiques romaines prennent de plus en plus pied. Après s'être fait passer la main dans le dos, les pasteurs et leurs ouailles ne peuvent plus dire certaines vérités. Mais quelle importance après tout, puisque c'est pareil? "Si Dieu vous a touché, retournez dans votre église", disait un intervenant dans une réunion à laquelle j'ai assité récemment, "et parlez avec votre prêtre ou votre pasteur". J'avoue que ce genre d'enseignement est nuisible. Quelle personne déclarant être remplie du Saint-Esprit pourrait avaler l'eucharistie, offerte selon la tradition romaine? N'y a-t-il pas dans cet acte central propre à cette religion un blasphème contre le sang du Seigneur? Nous nous sommes faits infiltrer, et maintenant nous sommes ligotés dans l'esprit de ce siècle, l'hypocrisie religieuse, qui nous empêche de prêcher clairement aux catholiques romains le chemin du salut. Demandez-leur s'ils ont l'assurance de leur salut, et vous comprendrez !
Aussi certains tentent de nous faire peur. Ils veulent nous faire croire qu'il ne faut pas arracher l'ivraie, laquelle poussant avec le bon grain DOIT croître à ses côtés jusqu'à la moisson, servant ainsi de repère aux fils de Dieu pour distinguer les véritables enfants des faux.Certes, cette pensée est biblique. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bergers: doit-on pour autant laisser de faux enseignements être préchés en lieu et place de la Parole de Dieu? Sa Parole nous dit dans le Lévitique de ne pas semer dans le champ 2 sortes de semences différentes, la bonne et la mauvaise. Doit-on laisser les fils du malin répandre leur miel pernicieux, doux dans la bouche, mais fiel dans les entrailles? Ils sont l'antithèse de ceux qui portent fidèlement la Parole de Dieu, amer médicament dans la bouche, mais douce aux entrailles. Il est bon pour ton troupeau, ami prédicateur, que tu lui donnes les clefs pour discerner lui-même ce qui vient de Dieu de ce qui n'en vient pas, et que tu lui apprennes à vivre chacun sous sa vigne et sous son figuier, buvant de sa propre source en Christ, la fontaine intarissable de la vie éternelle.
Il avait bien raison Gamaliel, de déclarer cela à un parterre de juifs religieux membres de la secte des Pharisiens. On ne lutte pas impunément contre Dieu, ou si on le fait, on risque se faire déboîter la hanche. Pourtant, Dieu réclame des violents, des personnes qui s'emparent du royaume, dans l'agonie de la prière, et qui Le forcent parfois à changer Ses plans: soyons vigilants, car en comprenant mal la pensée de Gamaliel, on devrait accepter l'Islam, puisqu'il est toujours là après plus d'un millénaire! Vient-il de Dieu pour autant? Méfions-nous de ces paroles sorties de la Parole de Dieu, et que nous prendrions pour... Parole-même de Dieu, alors qu'elles sont seulement là pour ouvrir nos yeux sur certaines réalités. Voici un exemple simple: La Bible affirme qu'il n'y a pas de Dieu ! Mais elle dit que cette parole se trouve... sur la langue de l'insensé. De la même façon, Elihou parla a Job pour l'exhorter, et lui dit que "Dieu parle tantôt d'une manière, tantôt d'une autre", et il finit, "mais de toute façon, nous ne l'écouterons pas". Croyez-vous que cette "vérité", pourtant citée dans de multiples prédications, ait libéré Job? Cette parole n'est pas fausse pourtant, car Elihou est le seul à qui Dieu n'ait pas imputé de faute. Pourtant, cette vérité n'a pas fait de bien non plus semble-t-il: le rôle du prédicateur est de placer les hommes en contact avec le Dieu vivant, par le Saint-Esprit. C'est Lui qui possède les réponses adaptées, et les multitudes de paroles que l'on pourrait dire dans un prêche de 45 minutes ne suffisent pas, bien souvent: c'est dans le silence que Dieu se révèle le plus profondément aux coeurs (lire ce texte publié cette semaine "La puissance du silence"). Ne prenons pas le risque d'avoir lutté contre Dieu sur ce terrain-là que nous avons déserté, croyant qu'Il a besoin de nous, et de nos paroles: réapprenons les vertus du silence et faisons confiance à Dieu, en ne nous prenant pas pour le Saint-Esprit.
C'est le dernier verrou que je vous propose d'étudier. Liés par la crainte, certains se laissent placer des fardeaux extrêmement lourds par de parfaits légalistes qui, le sourire aux lèvres, les assassinnent à petit feu. On l'a dit souvent: attribuer au diable ce qui vient de Dieu, c'est un blasphème impardonnable. Et par cela, personne ne juge, tout le monde laisse faire. Mais la tiédeur, n'est-ce pas aussi un motif de rejet, de vomissement final par Dieu? La direction démagogique de l'église, dirigée par l'opinion du Peuple (en grec "Laodicée"), n'est-elle pas aussi un blasphème? Le désir de bien faire est-il coupable, et la tiédeur, le consensus mou des paresseux spirituels est-il devenu une référence, la seule qui vaut un aller-simple pour le Paradis de Dieu? Ou alors, comme moi, ne commencez-vous pas à voir là comme un paravent, où se tapissent dans l'ombre des intérêts impurs, des esprits immondes, déguisants leurs pensées de raisonnements lumineux? Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, disait Jésus? Dans combien de pastorales, d'églises, de fédérations, des hommes très en vue, des serviteurs de Dieu au renom international, des églises qui furent des assemblées-phares durant des décennies, ne tirent-ils leur gloire et leur force, non plus du Seigneur, mais de leur congratulation mutuelle? Où est le renouvellement? Ils fabriquent dans leur moule les parfaits pions qui prendront leur suite, ils ont même nommé leurs prophètes officiels, lesquels ne viennent plus pour les surprendre: ils se nourissent mutuellement les uns des autres, dévorant dans leur appétit leur propre chair, comme lors du siège de Jérusalem ! Ils se concertent à voix basse pour assassiner le juste qui, comme à son habitude, ne leur résiste pas ! Prenons garde de n'être à la fin du voyage, rejetés, nous qui parlons de la part de Dieu, car c'est peut-être cela le véritable blasphème contre l'Esprit: placer (négligeament et du bout du doigt) les pesantes meules qui servent dans nos moulins à broyer la Parole de Dieu afin de l'adapter à notre compréhension, sur le dos de pauvres âmes, puis les jeter en eaux profondes pour leur apprendre à nager. Si notre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, nous n'entreront pas dans le royaume, mais ceux que nous aurons méprisé nous y précèderont.
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