Nettoyage de printemps, 12 dieux à balayer
Par nicolas, mardi 7 mars 2006 :: article lu 1284 fois :: #123 :: rss

C
hers amis lecteur, cette semaine, l'édito sera dense, je ne me perdrai pas trop en conjectures, me bornant à vous partager ce qu'il me semble que Dieu m'a mis sur le coeur, dans la nuit de mardi à mercredi dernier. C'est un message en 12 points sur les dieux de notre christianisme moderne. Je m'inclus dans le lot et je demande au Seigneur de nous faire grâce à tous, pour un salutaire nettoyage de printemps.Sois le chemin qu'on utilise, puis qu'on oublie, Sois le ruisseau où l'on s'abreuve, sans un merci...
(Anonyme)
Hédonisme
Le culte du corps et des loisirs. L'apôtre Paul nous a mis en garde que "l'exercice corporel était utile à peu de choses". Il n'est certes pas inutile, mais placé en regard d'autres impératifs et réalités, il est de bien peu de valeur. Il y a des choses qui sont permises, mais pas forcément utiles: que le Seigneur nous consume d'un désir de laisser de côté tout poids superflu. Cessons de prendre ces chanteurs et ces sportifs, qui sont de pauvres gens comme nous, pour des exemples, et imitons ceux qui se consacrent sur le champ de mission, dans la douleur, le secret, et la peine: voilà les véritables saints. Au 19e siècle, William Booth, l'homme qui porta la lumière de l'Evangile dans les bas-fonds de Londres (Armée du Salut), disait: "Le plus grand danger du 20e siècle sera: une religion sans Saint-Esprit, des chrétiens sans Christ, le pardon sans repentance, le salut sans nouvelle naissance, la politique sans Dieu, le ciel sans enfer".
Epicurisme
Le culte du plaisir et du moi. Tout tourne de plus en plus autour de nous mêmes, pour ne pas nous lasser. On voit des cultes avec une immenses partie musicale, des concerts de louange, etc. J'ai assisté à une telle réunion l'autre jour, et en toute honnêteté, je ne parvenais pas à trouver la communion avec mon Seigneur. Cela me renvoyait plus de 10 ans en arrière pendant les premières réunions "les Fruits de la Louange". Ce qui avait bien commencé devenait "trop". Lors de la réunion dont je parle, le bruit était trop fort, les chants traînaient et n'en finissaient plus, chacun se laissait aller "dans la présence de Dieu", mais on voyait bien que tout cela était charnel: on se faisait plaisir, et c'était le Moi qui restait l'objet de cette manifestation et pas le Christ glorieux. Pardonnez-moi de paraître abrupt, mais c'est ma pensée, et je sais que nombreux sont ceux qui la partagent, seulement dans ces milieux, celui qui "loue" est plus grand que celui qui "ne fait que prier", et on a peur de passer pour ringart et peu spirituel en osant dire son opinion. Je vous recommande de lire le texte de David Wilkerson "Une Pentecôte sans Christ", où il dit notamment: "Il est possible de voir des gens louer Dieu et lever les mains, et cependant que Christ marche parmi eux comme un étranger..." Lisez également le texte de Maurice Ray: Le culte évangélique nombriliste. Conducteurs de louange, débranchez votre sono et rendez la louange au peuple !
Apothéose
Le culte de l'Homme élevé au rang de dieu. L'évangile du spectacle a mis en scène l'homme qui doit être adulé par la foule. Les chaises des spectateurs font curieusement face à une estrade où une personne debout va parler de la part de Dieu. Cette coutume de placer le prédicateur au-dessus de la foule vient de la Rome antique. Tout comme l'apothéose (action d'élever au rang de dieu), le vainqueur était porté en triomphe dans la ville. Le problème que rencontre beaucoup de prédicateurs essentiellement charismatiques est qu'ils concentrent le pouvoir dans leurs mains, ils aiment à parler, et parfois leurs discours sont pleins des doctrines proches de la Prospérité: il faut toujours avoir l'air victorieux. Le problème de cette doctrine, c'est qu'elle pousse les hommes dans la chute, car l'homme que l'on adule, on finit un jour par le faire tomber. Pourquoi? Parce que nous nous assemblons pour l'écouter lui, même si c'est juste un tout petit peu pour lui, c'est encore un peu de levain qui fera lever dans son coeur toute la pâte de l'orgueil. Que le coeur de l'homme est faible. Sortons du "star système" évangélique, et écoutons les leçons des plus simples. A quand une réunion annonçant fièrement sur ses tracts: "Oratrice: Ginette Tartarin, dame pipi chez Carrefour, viendra nous entretenir des secrets que son Bien-aimé lui a révélés". Hommes de Dieu, descendez de vos trônes et rendez à Dieu l'initiative de choisir par qui Il parlera !
Hygios
Le culte de la santé. Si Dieu est honoré par les guérisons, elles ne sont pas toujours automatiques, et il peut nous vouloir dans la faiblesse afin "que cette grande puissance" lui soit attribuée et non à nous. De plus en plus, au lieu de perdre sa vie, le chrétien est enseigné à la préserver. Le culte à Hygios, la déesse de la santé est tellement bien établi que chaque dimanche il prend la place de la foi lors de l'ersatz de sainte Cène qui nous est proposé, sous forme de gobelets plastiques "hygiéniques". Une amie médecin et chrétienne me disait: j'ai consulté les publications médicales, et il n'y a aucun cas de contamination d'hépatites B et C, et encore plus, de Sida, par la salive. Et pourtant, les superstitions érigées en dogmes sont là, et ils deviennent très agressifs les pasteurs et les chrétiens à qui on tente de montrer leur erreur. Tous disent que ce n'est qu'un détail... Un détail, certes, mais qui manifeste une décrépitude spirituelle. Nous sommes loin de porter les fardeaux d'autrui, fut-il malade ou sidéen, et nous refusons les croix que le Seigneur nous tend, et c'est pour cela qu'un grand nombre sont malades, que certains mêmes sont morts, disait l'apôtre Paul... Que Dieu nous aide, mes frères et mes soeurs, qu'Il nous aide.
Humanisme
Le culte de la sagesse humaine. Nous voyons de plus en plus la psychologie remplacer la Parole de Dieu. Les stratégies du Moi pour survivre remplacent la croix. On dit à telle soeur de divorcer pour s'épanouir, au lieu de lui dire de crucifier son Moi pour gagner son époux. Les conséquences sont désastreuses. Ils sont de plus en plus de malades sur nos routes évangéliques, pavées de bonnes intentions, à vouloir nous faire la cure d'âme. Ils n'ont pas lu, manifestement, Ezéchiel 16. Au bout de ma rue se trouve un institut régional de travailleurs sociaux, et une année, j'y avais postulé. Me trouvant au 2e tour, j'étais étonné de voir tant de blessés, qui voulaient aider leur prochain peut-être pour guérir leurs propres blessures. On dit souvent que ceux qui cherchent à chasser les démons des autres... sont ceux qui en ont eux-mêmes pleins les poches. Le drame de ces vies qui se cherchent, même dans nos milieux chrétiens, est que l'homme reste l'objet, alors qu'il devrait n'être que le sujet, qui s'incline devant Dieu dans l'obéissance...
Gnose
Le culte de la connaissance. C'est bien connu, pour parler en chaire, il faut avoir étudié. Un sermon, c'est 10% d'inspiration et 90% de transpiration. Notre vie de foi, notre marche avec le Seigneur, manque toujours de quelque chose de nouveau. Il nous faut toujours une nouvelle révélation, un nouveau prédicateur, un nouvel enseignement, un nouveau livre, un nouveau message. Le peuple périt, disait le prophète Osée, parce qu'il lui manque la connaissance. Mais quelle connaissance? Celle dont Moïse parlait: "Ils se sont tenus à tes pieds, et ils ont reçu tes paroles". Qui vit de sa propre onction, plutôt que d'aller toujours et sans cesse la puiser chez les autres? Qui mange sa propre vigne, et son propre figuier? Qui connait le chemin du lieu secret? Qui revient du désert, le visage brûlé par le soleil? Qui connaît dans ce désert cette cabane dont Jérémie parlait? Qui a échangé sa bibliothèque contre une minuscule chambre haute? Il y avait 2 arbres dans le Jardin... Et un seul apportait la vie. Ce n'est pas par l'appropriation intellectuelle qu'on hérite des promesses. Adam connut Eve, qui signifie "vie", et celle-ci enfanta: il y avait dans cette semence plus que la connaissance telle que nous la vivons de nos jours.
Diplomatie
Le culte du compromis. Le mot diplomatie vient du latin diploma qui signifie "plier en deux". Nous devons faire des concessions, bâtir des ponts entre les êtres pour les réconcilier avec Dieu et entre eux, mais nous ne devons pas faire de compromis. Certains, pour tenter de gagner leur prochain, sont entré dans la politique qui consiste à aller tellement loin avec lui dans son chemin, qu'on l'a suivi jusque dans le compromis. On s'est sali avec lui, et maintenant, on n'ose plus lui parler. On s'est plié en deux pour tenter de le gagner, mais maintenant il est devenu notre co-pain (celui avec qui on partage le pain). Il nous frappe dans le dos, et nous n'avons plus les coudées franches pour lui parler de son âme. Il est entré, je ne sais comment mais avec le temps, dans notre famille naturelle et spirituelle. Nous avons maintenant trop de contact par diplomatie, et nous tournons avec des étrangers dans la marmite de l'oecuménisme, tentant en vain de nous trouver des points communs, pendant que tous chantent d'un air convaincu: "On ira tous au paradis..." Lève-toi prophète, et dis leur la vérité, parle à ton prochain selon la vérité, même si en l'aimant d'avantage, il t'aime moins, tu auras fait une chose: tu auras perdu un "copain', mais tu auras gagné son âme.
Hypocrisie
Le culte de l'apparence. Notre société cultive son image, parce qu'elle a obscurci l'image de Dieu. Dans le théâtre antique, l'arène où se jouaient toutes les passions tourmentant l'âme humaine, la voix portait tellement peu que l'hypocrite (littéralement: "celui qui porte un masque") devait utiliser ce masque pour faire résonner ("per sonare") sa voix, et c'est de là que vient la notion illusoire de "personne" ou de "personnalité". Il n'existe bibliquement qu'un type d'homme, déchu en Adam, et un autre, recréé en perfection en Jésus. Pas besoin de "look" ou d'artefact, de maquillage pour dissimuler les rides du péché non confessé. Pas besoin de beaux habits, et de places d'honneur affectionnées par les pharisiens, une toute petite place à l'ombre suffit à celui qui a le coeur content, dans un festin perpétuel de joie auprès de son Maître. Pas besoin qu'on lui dise "vous": c'est une chimère que de faire croire à un individu qu'il est plusieurs personnes, une antique coutume païenne qui constitait à saluer les 2 têtes séparées d'un Empire romain décadent. Pas besoin qu'on lui dise "monsieur", car "mon seigneur", il n'en a qu'un et un seul mérite d'être appelé ainsi. Et tous les hypocrites qui agitent le théâtre des passions humaines, qui prétendent nous parler du ciel, n'ont d'horizons que cette terre: essayez de les frustrer d'applaudissements, de récompense financière, ou tout simplement, tutoyez-les comme tous les citoyens du ciel doivent le faire entre eux, et vous verrez le fond de leur coeur instantanément manifesté. Dans le marché antique, l'acheteur choisissait de préférences les vases garantis: "sin cere" ("sans cire" ajoutée), c'est à dire ceux qui après cuisson n'avaient pas manifesté de failles, de défauts, maladroitement camouflés à la cire par le faussaire, qui faisait ses démonstrations à l'eau froide. L'hypocrite, comme la cire, craint l'eau chaude de l'authenticité.
Mamon
Le culte de la sécurité qui remplace la Providence. Je vous en parle souvent, il y a tant à dire. L'argent est utile, surtout pour mener des projets chrétiens sans avoir besoin d'avoir l'approbation de Dieu: il suffit de faire connaître à l'homme ses besoins. L'argent, dans l'imagination de l'homme, sert de rempart, il procure la paix et la tranquilité. C'est pour cela que le chrétien revient plus volontiers à l'Ancien Testament et s'invente une dîme (alors que s'il voulait être cohérent, il lui faudrait alors respecter les différentes dîmes): pour garder pour lui la meilleure part. Mais nous en reparlerons une autre fois.
Bibliolâtrie
Le culte de la lettre. L'huile ne va pas sans la lampe, et la lampe n'est rien sans huile. Le Saint-Esprit accompagne toujours la Bible, il la corrobore, et la Bible, pour être comprise et vécue, a besoin de l'Esprit Saint Nous ne sommes rien sans lui, et je doute fortement de ceux qui me disent qu'ils ont reçu l'Esprit et qu'il n'en ont jamais les manifestations, fruit ou don. Ceux qui s'accrochent à l'orthodoxie la plus stricte, qui vivent dans le légalisme le plus desséché, me font penser à ces servtieurs qui, alors que leur maître est parti en voyage et tarde à revenir, s'inventent des activités. Ils pensent qu'en vénérant Sa Parole, ils le feront venir plus vite, mais ils ne savent pas qu'Il est parmi eux, par son Esprit. Ils ne sont pas orphelins, et ils ne le savent pas ! Ils sont tellement occupés à regarder le ciel, qu'ils en oublient de labourer leur propre coeur pour revenir la rosée "qui monte du Jardin et qui féconde la terre", comme en Eden. Je vais vous dire un secret, amis légalistes: le royaume de Dieu est dans vos coeurs, Christ n'est pas loin, car en Lui vous avez la vie, le mouvement et l'être. Votre vie éternelle avec Lui peut commencer dès ici-bas, et alors sa Parole vous apparaîtra totalement nouvelle!
Ascétisme
Le culte de la culpabilité. C'est vrai qu'on se sent plus saint quand on porte une croix qu'on s'est fabriquée soi-même. On est allé dans la forêt, on a soigneusement choisi l'arbre, on l'a scié, débité, équarri, on s'est mis des échardes dans les mains, on a peut-être passé 5 ans de sa vie à cette oeuvre sainte, puis rentré chez soi, "plein d'usage et raison", comme disait Homère, on s'est rendu compte que notre arbre n'était qu'un totem, une idôle. Notre Christ est un dieu mort. Notre foi se nommait alors masochisme: c'est notre souffrance qui nous rend agréable à Dieu. Oh le vilain catholique dont je vous ai dressé là le portrait, pensez-vous. Pourtant, qui est-ce qui prend sa Cène en tremblant de crainte? Qui est-ce qui se sent tellement asservi au péché, esclave de sa culpabilité émotionnelle? Qui a fixé son petit barême d'expiation: pour une cigarette, je vais bouder Dieu 5 minutes. Si j'ai craqué et fumé tout le paquet, il faut au mieux que je lui fasse la tête toute la journée suivante. C'est sûr, je suis indigne de lui adresser la parole maintenant que j'ai consommé mon péché. mais qu'est-ce qui m'empêche, là maintenant, d'être réconcilié avec Dieu, et de recevoir l'eau vive, d'être lavé et déclaré juste? Je n'ai rien à fabriqué, pas besoin de passer mon vêtement à la machine pour venir faire bonne impression, comme devant un patron! Par la foi, recevons le fin lin, éclatant et pur, maintenant ! De péché en péché, de chute en chute, de relèvement en relèvement, pour sauter de gloire en gloire, de victoire en victoire.
Pharmakeia
Le culte du merveilleux. La vie chrétienne est une guerre qui se déroule dans la terre de Canaan (notre moi), et qui oppose nations (6 natures à sanctifier), et 31 rois (31 traits de caractère). Parfois, nous voyons un ange venir nous fortifier, mais parfois non. Et souvent, nous devons avancer par la foi, c'est à dire sans la vue. Celui qui marche dans la culpabilité (voir ci dessus), et qui se nourrit du lait caillé de la gnose évangélique, celui là apprend toujours et ne parvient jamais à la connaissance de la vérité. Il est comme un enfant, et il lui faut des preuves de l'amour de son Père. Ces preuves, il les recherche partout: quand on lui dit "Jésus est ici", ou "Il est là", il y court. Dans son manque de tendresse paternelle, il peut lui arriver parfois de se laisser séduire par la tendre... maternelle de la Prostituée, dont les enchantements (pharmakeia) sont un vin doux qui fait perdre le sens. Ils peuvent ensuite errer longtemps, piqués par les serpents de l'amertume et du découragement, dans le désert du désespoir, sous une puissance d'aveuglement. Le merveilleux pratiqué en salle, lors de spectacles donnés par des charlatans, c'est du toc, et on le voit bien puisque c'est de votre clinquant qu'ils vous délestent "pour la bonne cause" en partant ! La Bible montre que le merveilleux, c'est à dire les lois de Dieu qui confrontent les lois de la nature et les mettent momentanément entre parenthèse, se pratiquent là où le mal et le péché abondent !
Voilà, j'en ai terminé. Lundi prochain, je ne serai pas là et c'est David qui vous entretiendra. Faites-lui bon accueil, mais surtout, recevons avec une douceur toute renouvelée la Parole qui est plantée en nous. Le permafrost sibérien ne donne pas de beaux arbres: les racines ne parviennent pas à forcer le sol gelé sur des mètres de profondeur. Demandons à Dieu d'attendrir nos coeurs, de dégeler notre indifférence. Je parle de l'indifférence à ce que nous ne faisons pas généralement. De l'indifférence aux gens auxquels nous ne téléphonons jamais. De l'indifférence au jeûne que nous brisons sans cesse. de l'indifférence à ce que nous a demandé notre conjoint. Otons nos idoles individuelles, et nous verrons comment mettre à bas nos totems collectifs.
Soyons "le chemin qu'on utilise, puis qu'on oublie, le ruisseau où l'on s'abreuve, sans un merci..."














1. Le jeudi 9 mars 2006 à 11:54, par M.Boris
2. Le lundi 5 juin 2006 à 19:10, par nell