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A la racine des mots et des choses

Si tu me vous, je te tu

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Voici un sujet dont on parle assez peu: le tutoiement. De tous temps, les enfants de Dieu se nommaient entre eux "amis" ou "frères", et ils se tutoyaient. Cet usage se retrouvait aussi dans la Rome antique où les citoyens se tutoyaient entre eux. Les "camarades" des partis politiques font de même. Certaines langues n'utilisent pas le vouvoiement.

Le vouvoiement est utilisé dans notre monde pour marquer le respect envers un supérieur. Ce code ancien vient d'un épisode historique précis - tout comme la "cravate", un morceau de tissu inutile pendant autour du cou et censé marquer le sérieux d'une personne, vient de deux autres anecdotes historiques, un régiment "croate" intégré aux armées de Louis XIV et une guerre napoléonienne qui s'acheva par une... Bérézina. C'est donc il y a 17e siècle qu'un empereur romain originaire... de Croatie, Dioclétien, décida que désormais il parlerait au nom du peuple en disant "nous". L'empereur était à la fois dieu et roi, et autour de sa personne était organisé un culte idolâtre que Dieu lui-même censura en Actes 12 lorsque les flatteurs lui crièrent "Voix d'un dieu et non d'un homme". "Un ange du Seigneur le frappa et il expira, rongé par les vers", nous dit la Bible (comparer avec Daniel 4, versets 27 à 30). Longtemps après, Louis XIV qui bâtit lui aussi un culte autour de sa personne, reprit à son compte l'expression avec son fameux "nous voulons".

C'est suite à cet épisode que le vouvoiement fut instauré. Mais d'autres historiens disent que le vouvoiement viendrait d'une autre période de l'Empire romain: celle du schisme entre Empire d'Orient et Empire d'Occident. Rappelons que grâce à une autre empereur venu lui aussi de... Croatie, Constantin, une forme édulcorée de christianisme était devenue "religion d'état". C'est ce christianisme qui devait devenir la religion "romaine universelle", ou "catholique romaine", dont le seul nom montre toute la prétention. Ainsi, c'est par égard pour ces 2 "têtes séparées", qui chacune se prétendait Dieu ou plutôt le légitime représentant de Dieu sur la terre (le "Pontifex Maximum", ou "Souverain pontife") que l'on utilisait le "vous". C'était une sorte d'allégeance, une courbette diplomatique (di ploma, qui signifie "se plier en deux") qui évitait d'avoir à choisir son camp !

Mais revenons à notre sujet. Selon le dictionnaire "Le Petit Robert", "on vouvoie normalement les inconnus, ses supérieurs et toutes les personnes avec qui on n'a pas de liens étroits", tandis que l'on "tutoie les personnes auxquelles on est uni par des liens de parenté, d'amitié ou de camaraderie, ainsi que les enfants".

Pourtant, entre chrétiens, nous ne devrions avoir aucun mal à nous tutoyer. Notre amour de la vérité devrait nous faire rejeter les pratiques mondaines, comme celle du vouvoiement, qui fait croire à une personne unique qu'elle a la valeur d'un être collectif. Ce serait mentir que de parler ainsi à nos frères. Il ne faut pas bien sûr que le tutoiement devienne prétexte à une familiarité qui serait plus une marque de domination ou, pire, de condécendance (on pense aux missionnaires qui tutoyaient les africains, tout en exigeant le vouvoiement en retour). La déférence (qui consiste à "considérer notre prochain comme étant plus grand que nous") suggérée par l'apôtre Paul est, avec le "salut" et le "saint baiser", l'affirmation de notre appartenance à un même Père et à une même "famille" spirituelle mais visible dès ici-bas.

Certains groupes chrétiens que d'aucuns qualifieront d'extrêmistes pratiquaient le tutoiement pour tous au nom du "parler franc" (en anglais "plain language"). Ils refusaient de retirer leur chapeau devant les nobles, de dire "mon sieur" ou "mon seigneur", n'ayant qu'un seul Seigneur sur cette terre. Ils refusaient toutes les fêtes païennes, d'utiliser les noms païens des jours (lundi, jour de la Lune, mardi jour de Mars, mercredi jour de Mercure, etc.) et des mois (dédiés aux dieux et aux césars romains comme janvier, le mois du dieu à deux têtes Janus, etc.) dont certains n'avaient d'autre but que d'erradiquer les traces du judaïsme et d'instaurer le culte païen (on pense notamment au jour du sabbat, sabado en espagnol, qui est devenu par moquerie le jour de saturne, pour le rendre inférieur au dimanche, le jour du culte obligatoire dieu soleil...). Mais c'est un autre sujet.

Si cette pratique du tutoiement pourrait être assimilée par certains à un manque de respect, elle a au contraire une importance capitale: elle abolit les barrières inutiles posées par les systèmes humains. "Monsieur le pasteur" devient alors mon égal, un frère auquel je suis soumis, sans toutefois le placer sur un piédestal dangereux. Le tutoiement rappellera à celui qui se croit tout gonflé de son sentiment d'importance que le plus petit de ses frères est aussi un enfant de Dieu, et que s'attacher aux titres et aux marques de respect terrestres est une attitude charnelle. Tutoyer une telle personne révèlera immédiatement l'état de son coeur et le véritable niveau de sa spiritualité: s'il prend la chose trop à coeur, il y aura lieu de l'exhorter à la simplicité et à lui rappeler que nous sommes tous des serviteurs d'un Maître dont nous avons à suivre l'exemple de... serviteur ! (Jean 13;15)


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1. Le mardi 25 avril 2006 à 13:59, par marielis.

Je suis "irritée" lorsqu'une personne qui ne me connaît pas me tutoie. J'ai acquis des règles de "savoir vivre" que je tiens à enseigner autour de moi, parce que je les estime encore et toujours valables de nos jours. Une personne qui a reçu une "bonne éducation" se gardera de "tutoyer" quelqu'un qu'elle rencontre ou à qui elle s'adresse pour la première fois. Je trouve scandaleux de tutoyer à "tout vent", comme cela se passe maintenant, dans notre société où l'éducation reste à désirer. En France, que je sache, le "vous" existe ! alors... utilisons-le ! le "tu" doit être réservé aux intimes... à ceux qui nous sont très proches. Il est regrettable de constater que dans les églises, le tutoiement se généralise, sans que personne ne le réprime. Un exemple, Nicolas... même si je me permets de vous appeler par votre prénom, je ne VOUS connaît pas. Et pour autant que nous soyons "frère et soeur" en Christ, je préfère vous "vouvoyer". Si un jour nous devenons des amis dans le sens profond du terme, alors nous pourrons nous dire "TU" ! qu'en pensez-vous ?

2. Le mardi 25 avril 2006 à 19:11, par Nicolas Ciarapica

Chère Marièlis,
C'est Jésus qui a pris l'initiative de nous appeler Ses amis. Et puisque nous avons le même Père, pour nous honorer mutuellement, je te propose que d'emblée toi et moi nous enlevions la barrière de "l'inconnaissance" qui nous sépare. Puisque nous sommes appelés à ne pas soupçonner le mal, je propose que d'emblée, toi comme moi, nous enlevions les barrages, les péages et tous les "contrôles routiers", les murs et les portes qui cloissonnent nos différences. Puisque Dieu nous a acceuillis en Christ et nous a appelés "amis", je te propose de passer immédiatement, au bénéfice complet du doute et du sang de Jésus, à létape suivante.

Dimanche nous avons fait un "pot" dans l'assemblée que je fréquente. Et une chose me choque, c'est ces petits groupes difficiles à pénètrer. Ils n'ont pas de "chef", ils n'ont pas d'existence "légale". Ils n'ont pas de langue propre et il ne faut pas de "mot de passe" pour y entrer. Pourtant le cloisonnement est là, et l'inconnu est regardé en chien de faïence.

J'aime et pratique un tout petit peu la langue chinoise. Le vouvoiement, la marque de respect pour notre interlocuteur se fait avec ce qu'on appelle la "clef du coeur". On prend le caractère "tu" et on le place sur la clef du coeur, un idéogramme qui signifie "coeur".

La clef du coeur de Dieu, c'est Jésus Christ, et par Lui, je suis Son ami, et comme nous avons le même Père, je préfère tutoyer mes frères et soeurs. Mais, chère Marielis, je vais te dire pourquoi j'agis ainsi, je l'ai d'ailleurs dit dans mon texte. Ce sujet est l'occasion d'abolir les barrières d'emblée, et en cas de "réaction", l'occasion d'entrée de jeu de parler de notre position spirituelle en Christ.

J'ai été béni à la lecture de l'autobiographie du premier des Quakers, Georges Fox. Tu sais que du temps des catacombes à Rome, les croyants disaient "ave", et comme Csar était roi et dieu, il fallait dire "ave César". C'était bien indisposant pour les croyants qui, comme de véritables moutons, ont dû fuir dans les catacombes pour protéger leurs vies, et beaucoup sont morts ("comme des imbéciles" on dirait de nos jours) parce qu'ils étaient incapables de prononcer la plus simple des formules de salutations. "Le salut vient par César" ! Non, il vient par Jésus !! Du temps d'Hitler, même problématique, mais là ça n'a pas causé beaucoup de soucis apparamment à l'église officielle... "Heil Hitler", "le salut vient par Hitler".

Du temps des premiers Quakers, au 17e siècle, il fallait ôter son chapeau devant un grand, et le vouvoyer. Le vouvoiement comme je l'ai dit, vient de la séparation entre empire romain d'Orient et d'Occident, pour les 2 têtes séparées, car les gens ne savaient plus "à quels saints se vouaient" leurs grands et leurs seigneurs ! Ainsi, les Quakers considéraient avec raison que dire "vous" à une seule personne cétait lui attribuer la vertu d'un être collectif. C'était plus qu'un mensonge, c'était bercer la personne dans l'illusion qu'elle était spéciale, supérieure. Elle l'est, oui, mais une fois son identité reçue en Jésus-Christ.

Ainsi, pour placer chaque âme immédiatement face à ses responsabilités éternelles, les Quakers avaient choisi de dire la Vérité et de ne pas mentir. Ils avaient également choisi de ne plus prononcer les noms des dieux du monde païen. Ils ne disaient plus "dimanche", qui en anglais était le "sun day", le jour du soleil. Lundi était le jour de la lune, mardi le jour de mars, mercredi le jour de mercure, jeudi le jour de jupiter, etc. Idem pour les mois, les fêtes païennes déguisées en "christianisme" pour faire disparaître les racines juives, et ainsi de suite. Il s'en est suivi un merveilleux réveil et surtout, fait unique, un réveil prophétique, spirituel et social! Les Quakers allaient trouver les juges de "paix" et leurs disaient de trembler devant Dieu car ils devraient rendre des comptes au Créateur. C'est de là dit-on que viendrait leur nom, car les juges tremblaient littéralement devant la puissance de ces hommes et de ces femmes tout simples.

Mais leur puissance fut aussi leur faiblesse, et en cela je comprends le pourquoi des barrières que tu as dressées pour te protéger des intrus. Un des premiers Quakers, William Penn, s'installa en Amérique et y fonda une colonie. Ce fut le seul endroit où les indiens ne furent pas massacrés, et où les colons ne furent pas massacrés en retour. Mais c'est aussi l'un des pires états actuellement, car la liberté était la règle: la liberté qu'ils voulaient pour eux, ils l'accordaient aux autres, et tous les vices y sont maintenant tolérés au nom de la "liberté" qui à l'excès est une idole !!

Je ne te demande pas d'être d'accord avec moi, je te dis ce que moi, je fais. C'est personnel, et je comprends que des gens qui ont du mal à faire confiance à "l'étranger", le "nouveau", "autrui", aient du mal à l'aimer et l'intégrer de prime abord. Mais je t'encourage à revoir à la baisse ton barème d'accueil et à toujours accorder, au nom de l'amour qui ne soupçonne pas le mal, le bénéfice du doute à ton prochain, et donc à lui ouvert toutes grandes les portes de ton coeur. Sans pour autant déballer tes trésors au premier venu comme Ezéchias ! Mais tu as compris ce que je voulais dire: les protections du "moi" sont illusoires, comme est illusoire et chimérique le vouvoiement, qui fait croire à une personne qu'elle est un être collectif ! J'en connais un seul qui soit un être collectif, tri-un, et il est radieux d'amour, et il nous montre quantité de manières créatives de montrer notre respect à notre prochain.

Sois bénie et encouragée chère soeur !

Nicolas ><>

3. Le mercredi 26 avril 2006 à 09:25, par marielis.

Oh ! non Nicolas, vous n'avez pas du tout compris pourquoi je tiens au "vouvoiement". C'est une marque de respect envers l'autre. J'ai trop souvent remarqué que, dans nos églises, le simple fait de "tutoyer" les frères et soeurs, incitait à une certaine liberté, à un certain "laisser-aller", à des paroles "légères" et même des gestes "osés". Je ne suis donc pas d'accord et insisterai toujours afin que le "vous" soit utilisé lorsqu'il doit l'être. C'est une question d'éducation, de "savoir vivre". Je le répète le "tu" doit être utilisé envers des intimes, des personnes très proches, comme la famille et certains amis. Mais à partir du moment où je ne connais pas l'"autre", je n'ai pas à le "tutoyer", même si c'est un frère ou une soeur en "CHRIST". Il ne s'agit pas de placer une "barrière" entre nous, croyants en Christ, ou de se croire "supérieur", pas du tout ! C'est, je le répète, une question d'éducation et de savoir vivre qu'il vaudrait mieux réapprendre. Je constate hélas, trop souvent, que "nos enfants", c'est-à-dire ceux des chrétiens, ne savent plus utiliser le "vouvoiement" lorsqu'ils s'adressent à des personnes plus âgées qu'eux. Ce n'est pas beau ...., c'est incorrect et très inconvenant. Sortons donc des pratiques du "monde" qui nous entoure, qui tutoie à "tout vent" (c'est la mode de l'informatique, donc de l'internet),pour apporter cet "autre chose" qui devrait être le propre des véritables "nés de nouveau".

4. Le mercredi 26 avril 2006 à 13:52, par nicolas

Chère Mariélis,

J'ai lu et relu ton message et, si, je te confirme que j'ai parfaitement compris ta pensée.

Je t'invite à relire mon message où je te dis une chose:

1/ Guéris des blessures infligées par les mauvais frères, les bons frères maladroits, ou les faux frères

2/ Retirons les barrières et intégrons immédiatement les "nouveaux" au sein de notre "famille", au nom de l'amour qui ne soupçonne pas le mal.

3/ Ainsi, mettant en pratique l'amour et le pardon, nous n'aurons plus besoin de ces barrières héritées des traditions de ce monde, du "rudiments de la sagesse d'en bas" qui, même s'ils semblent être de la bonne éducation (dans une sociétépaïenne, c'est évident) n'ont PAS LEUR PLACE au sein du peuple de Dieu !

Mais je n'en fais pas une doctrine, je partageais seulement, et je te remercie de la confiance que tu m'as faite en partageant toi également !

Nicolas ><>

5. Le lundi 1 mai 2006 à 10:06, par Marielis

A chacun d'agir selon sa conviction !

6. Le mercredi 24 mai 2006 à 12:14, par betty

Chère Marielis,
Je comprends ton point de vue, il est rès difficile d'abandonner l'éducation que l'on nous a inculquée. Et cela est aussi vrai que c'est le Saint-Esprit qui convainc, et tout ce qui n'est pas conviction est péché.J'étais comme toi avant ma conversion et je trouvais même la pratique du Club Mediterranée (tutoyer tout le monde, extrèmement vulgaire.
Cependant je tiens par mon expérience personnelle a confirmer la pensée de Nicolas. Quand je suis née de nouveau, j'ai très rapidement de façon spontanée (et parfois embarrassante) eu le tutoiement facile. Cela a fait partie du changement que ma personalité qui s'est opérée après ma conversion.
Fraternellement Betty

7. Le samedi 24 juin 2006 à 02:24, par Jean l'Armurier

Pas mal l'article Nicolas !
Au sujet des dates, pour éviter par exemple d'écrire dans un courrier: le 2 janvier 2006 (janvier étant dédié au dieu païen Janus ce qui est assez dérangeant) nous pouvons très bien écrire : le 2/1/2006 ou 02/02/06. Tout le monde comprendra. Ou encore dans le langage : je serai en vacance du quinze huit au vingt et un huit deux mille six. La Bible parle bien : " le premier jour du premier mois" (Esaïe 40:2) par exemple.
Voilà, après c'est une question d'habitude.
Soyez bénis !

8. Le lundi 26 juin 2006 à 20:46, par lina

amis , on est pas encore au ciel pour que toutes les barrières soient dynamitées entre les uns et les autres ! y a des "chairs " plus susceptibles que d'autres , des "chaires" à respecter plus que d'autres ...

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